‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 52 sur 86 · LA R II IXO PLASTIE — SES ORIGINES · texte numérisé non relu

LA R II IXO PLASTIE — SES ORIGINES

En général, on attribue à l’italien Gasp. Tagliacozzi, ou, suivant d’autres, à Tagliaguerso, mort à Bologne en 1599, l’invention d’un procédé pour restaurer les nez, en réunissant avec le contour de la cicatrice, rendue saignante, la peau d’une partie de l’avant-bras, ou plutôt du bras. Cependant cette méthode, originaire probablement de la Calabre ou de la Sicile, était déjà connue deux siècles avant que Tagliacozzi en fît le sujet d’un livre qui lui en a fait accorder la découverte.

Dans un traité sur la rhinoplastie, ou réparation des nez, publié en 1597, in-folio, sous le titre : De curlorum chiruvgia per insilionem , l’auteur, Tagliacozzi, emploie dix-huit chapitres, sur quarante-cinq dont son ouvrage est composé, à prouver l’importance, l’excellence et la dignité du nez, des lèvres et des oreilles, et, dans ce but, il invoque tour à tour l’autorité des médecins, des orateurs, des poètes, de la Bible et des Pères de l’Eglise.

Dès 1280, en effet, Lanfranc traitait de menteur impudent quiconque se vanterait do réussir à rajuster un nez coupé, après l’avoir tenu dans sa main. Il fallait donc bien qu’alors il fut déjà question de cette manœuvre.

Guy de Chauliac, qui vivait peu de temps après lui, et qui a écrit vers la fin du quatorzième siècle, s’exprime de la même manière. Il s’élève contre les jongleurs qui prétendent avoir guéri des nez entièrement décollés de la tète.

Dans le quinzième siècle, Jérôme Braunschweig tient le même langage, et il regarde tous les faits rapportés à ce sujet comme controversés.

Mais, vers 1450, un chirurgien sicilien, nommé Branca, possédait l’art de fabriquer les nez, ainsi que le rapporte P. Ranzano, évêque de Lueera : et son fils Antonio avait perfectionné sa méthode.

Gabriel Fallopia et André Yésale, qui moururent entre 1563 et 1564, ont aussi consacré quelques pages à la description d’une opération, que le premier de ces auteurs désapprouve à peu près complètement, conseillant de rester mutilé plutôt que de se soumettre à des tourments qui durent jusqu'à douze mois entiers.

Paracelse, qui ne pouvait avoir entendu parler de Tagliacozzi, puisqu’il mourut en 1541. cinq ans avant que ce dernier vînt au monde, a également dit quelques mots de la restauration des nez.

L’art de raccommoder les nez parait s’être perdu en

LA R HINO PLASTIE.

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