SES ORIGINES
Calabre vers la fin du seizième siècle. J. -B. Cortesi qui parcourut cette province en 1599, s’assura qu’il n’y existait plus aucun Bojano, et (pie leur art luimème était complètement oublié.
René-Antoine Fercbault de Réaumur paraît cependant dire le contraire dans l’histoire de l’Académie des Sciences.
Mais cet art n’était point perdu pour le reste de l'Italie. Ambroise Paré, qui écrivait en 1574, parle d’un chirurgien de ce pays, qui, par son artifice, refaisait des nez de chair. « Nous avons ce témoi- « gnage, ajoute-t-il, d’un gentilhomme nommé le « cadet de Saint Thoan, lequel ayant perdu le nez, « et porté longtemps un d’argent, se fascha pour la « remarque, qui n’esloit sans une risée, lorsqu'il « estoit en compagnie. Et ayant ouy dire qu’il y « avoit en Italie unmaistre refaiseur de nez perdus, « s’en alla le trouver qui le lui refaçonna, comme « une infinité de gens l’ont veu depuis, non sans « grande admiration de ceux qui l’avoyent cogneu « auparavant avec un nez d'argent. »
Peut-être s’agit-il ici de Gasp. Tagliacozzi, qui florissait à Bologne vers la fin du siècle, et dont l’ouvrage parut à Venise en 1597.
Philippe Salmuth, J. N. Pfilzer ont préconisé les avantages qui résultaient du mode d’opérer du chirurgien Tagliacozzi, et l’honneur de l’invention lui est généralement demeuré, ce qui lui attira de grandes distinctions et l’admiration générale; car
LES CUH10SITES OE LA TETE
lorsqu’il vint à mourir, eu 1500, on lui éleva dans l'amphithéâtre d’anatomie de Bologne, une statue qui le représentait tenant un nez dans la main droite.
La rhinoplastie aurait été rendue fréquemment nécessaire parles ravages dus à la syphilis, d’après Puschmann. Cet auteur raconte, sous forme anecdotique, que la perte du uez pouvait être aussi le résultat d’une condamnation : une ordonnance de l’empereur Frédéric II punissait de celle peine les adultères et les mères qui livraient leur hile à la prostitution.
Une ordonnance de police d’Augsbourg. de l’année 127(5, ordonnait qu’on coupât le nez aux « demoiselles ambulantes ou coqueteuses », si elles se promenaient dans la rue pendant le jeûne, et le samedi soir, sauf cependant quand les nobles étrangers se trouvaient dans la ville. (T)