ANECDOTES SUR LE NEZ
L’astronome Tyeho-Brahé, voyageant en Allemagne, se prit de querelle avec un savant à propos d’un théorème. Un duel s’en suivit, et le pauvre Tycho y perdit son nez. 11 dut s’en faire mouler un en cire.
Les grands nez sont en honneur par tout le monde
(1) Cf. Oosphrésiologic , de Cloquet.
ANECDOTES Sl’R LE NE/
excepté en Chine et chez les Barbares. Ceux-ci écrasent le nez de leurs enfants, et croient que c’est une folie de porter un nez devant les yeux.
Les nez camus déplaisent et sont de mauvais auerure. Le connétable Anne de Montmorency était camus, et on l’appelait àla cour le Camus de Montmorency. Le duc de Guise, fds de celui qui fut tué à Blois, était aussi camus ; et un gentilhomme qui avait une vénération singulière pour ces deux maisons de Guise et de Montmorency, ne pouvait se consoler de ce qu’il s’y était trouvé deux camus, comme si ce défaut on avait diminué le lustre.
Hippolyte Lucas, un écrivain sérieux auquel la critique n'a guère reproché que son long nez, jouait, affligé d’un gros rhume, aux échecs, avec Louis Desnoyers; force lui était de renifler de temps en temps pour lutter contre la dilatation intérieure des ^muqueuses nasales.
— Mouchez donc votre nez, mon cher ! dit Desnoyers avec d’autant plus d’humeur qu’il voyait la partie perdue.
— Mouchez-le vous-même, répondit gaiement Hyppolyte Lucas. Il est plus près de vous que de
moi.
Un médecin de Londres, nommé Brown, établi à la Barbade, avait une sucrerie cl des nègres. On lui vola une somme considérable ; il assembla ses nègres.
— Mes amis, leur dit-il, le grand serpent m’est apparu pendant la nuit : il m’a dit que le voleur de mon argent devait avoir, dès ce moment, une plume de perroquet sur le bout du nez.
Le coupable porte sur le champ la main à son nez.
- — C’est toi qui m’a volé, dit le maître; le grand serpent vient de m’en instruire.
Et il reprit son argent.
On sait que Rossini n’était pas tendre et que maintes fois ses boutades le vengèrent d’avoir souffert d’une audition fâcheuse. Un soir, dans un salon, où se produisait un couple à prétentions d’artistes, Rossini se trouvait présent. Le monsieur et la dame entamèrent d’une horrible voix du nez le duo de la Muette. Rossini écoute et reste calme devant les applaudissements. Quand le bruit fut apaisé, il se pencha vers la maîtresse de la maison :
« Yoilà, murmura-t-il, ce qui peut s’appeler un beau combat nasal ».