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La voix et les parfums

x sait depuis longtemps, d’après les récits de

l' histoire et de la légende, quele voisinage des bouquets de fleurs, à odeurs plus ou moins pénétrantes, n’est pas sans causer des incommodités, des malaises, parfois même des accidents d’une réelle gravité.

On a recommandé, de tout temps, d’éviter de dormir dans une pièce où sont enfermées des fleurs, des syncopes prolongées, des asphyxies même ayant été en pareil cas dûment constatées. Notre confrère Cartaz a cité à cet égard quelques observations des plus nettes. C’est une jeune tille qu’on trouve morte dans une chambre où l’on avait laissé des bottes de lys; c’est un officier qui, à Milianah, s’endortdans une alcôve décorée de branches de lauriers roses et s’y endort de son dernier sommeil.

On a beaucoup disserté sur la cause de ces accidents, sans que l’on soit arrivé à des conclusions bien fermes. L’intoxication est vraisemblablement due à des éthers composés, des hydrocarbures qui empoisonnent les systèmes nerveux et vasculaire. Il faut aussi tenir compte de ce que certaines plantes

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n’exhalent leur parfum que pendant la nuit ou dans l’obscurité. Il s’en dégage alors de l’acide carbonique, et, d’après Boussingault, de l’oxyde de carbone, gaz des plus toxiques comme nul ne l’ignore. Qu’il y ail, en outre, ce qu’on nomme en médecine de l’idiosyncrasie, c’est-à-dire que tels tempéraments soient plus incommodés que d'autres, cela n’a rien qui doive surprendre.

Ce qui est moins connu, et que nous avons pour notre modeste part contribué à mettre en lumière, à la suite d'une empiète minutieuse, c’est que les fleurs ont une action nuisible, qu’on ne songera plus désormais à méconnaître: sur l’appareil de la phonation.

Les fleurs, et en général tous les parfums, exercent une action néfaste sur les cordes vocales ; le fait n’est pas douteux, et s'il a été rarement décrit, il a été bien des fois observé.

Le Dr Fauvel, à qui nous avions demandé quelques renseignements sur la question, nous fit la réponse qui suit :

« Certainement, nous dit l'éminent laryngologiste, les odeurs ont une influence néfaste sur la voix, et il y a longtemps qu’il m’a été donné de l'observer. Vous connaissez Marie Sasse. la grande chanteuse? Eh bien, Marie Sasse, au moment où elle répétait V Africaine, m’a conté qu’elle avait un soir complètement perdu la voix brusquement, et dans les circonstances suivantes : elle chantait chez les Rotschild, je crois, avec Mme Penco, du

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