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LA VOIX ET LES PAHFUMS

ne suffit pas, comme dans le conte des Mille et une htuts, de dire : Sésame , ouvre-toi! pour pouvoir pénétrer dans ces laboratoires mystérieux. Des vies humaines sont en péril, qu’importe? Les intérèls matériels priment tout. Faute de mieux, nous dûmes abandonner provisoirement cette piste et nous contenter de solliciter l’avis des artistes, puis des professeurs de chant.

Dans le monde artistique, on a depuis longtemps remai qué que certaines fleurs naturelles, le lys, le mimosa, la violette, la tubéreuse, la jacinthe, et quelques parfums artificiels, les essences et extraits, l’eau de Cologne russe, la peau d’Espagne, etc.,' produisent une influence nocive sur les organes vocaux. Il se manifeste chez ceux ou celles qui en usent habituellement de l’enrouement, et quelquefois pis encore, de l’aphonie complète.

Mme Renée Richard (de l’Opéra) nous a confié à cet égard qu’elle a depuis longtemps interdit aux élèves qui fréquentent ses cours de porter, durant le trajet de leur domicile au domicile de la cantatrice, même un simple bouquet de violettes à leur corsage. Quand ces élèves ont respiré en chemin ces fleurs au parfum suave, qui passent

pourtant pour être inoffensives, elles sont tout à fait incapables d’émettre un son. Mme Richard, qui se sert du laryngoscope aussi habilement qu’un

I,ES CURIOSITES DES UEO ION S

professionnel, a cherché à se rendre compte du phénomène.

« Les cordes vocales, nous dit-elle, apparaissent tuméfiées, alors que, chezlesartistes qui n’emploient pas de parfums, les cordes vocales, loin de se tendre, sont au contraire molles, comme cotonneuses».

Mme Krauss a fait la même remarque à propos des violettes, « «pii enrouent presque subitement ».

Christine Nillson, aujourd’hui comtesse de Casa Miranda, a connu un artiste de talent, qui « ayant chanté dans un salon où 1 air était saturé des parfums des roses et des tubéreuses qui encombraient la pièce, a été pris le même soir d une sorte d empoisonnement [sic) du larynx, qui a déterminé chez lui une extinction de voix, laquelle dura plusieurs mois ». Depuis, Mme Nillson a banni les lleurs de son appartement.

« A part la rose, nous déclare Mme Isaac, tous les parfums sont nuisibles à la voix, et principalement le mimosa, la violette et le lilas. »

« Le lilas blanc surtout est mauvais, nous dit Emma Calvé, qui a été sérieusement incommodée par l’exhalaison pénétrante du gracieux arbuste. Ce qui n’empêche pas que les tubéreuses, le mimosa ont également des méfaits à leur actif. »

Mme Bilbaul-Vauchelet a beaucoup chanté dans les salons remplis de fleurs, sans en être éprouvée. Que dans une pièce surchauffée, des artistes, mal disposées ou nerveuses de tempérament, aient ac

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