‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 82 sur 86 · LES CURIOSITES DU SYSTEME XEHYEUX · texte numérisé non relu

LES CURIOSITES DU SYSTEME XEHYEUX

(1 un marin qui fut pris de delirium trcmens à propos du meurtre de deux de ses camarades par des Japonais. Morel cite un cas de delirium tremens passager a la suite d’une querelle de ménage. Griesinger

de vue médical ou physiologique, les preuves de cette croyance populaire ont été jusqu’à présent rares et discutables.

Le professeur Carpentier a été, d’après notre confrère anglais 7 hc Lancet qui a soulevé cette question dernièrement, le premier à faire remarquer et à démontrer expérimentalement que la concentration de la pensée, localisée chez le même sujet sur une partie du corps, pouvait y produire une hyperémie locale, accompagnée de démangeaisons et d’élancements, sans arriver à une in fl a m mat ion.

Si on admet cela comme possible, et il n’y a pas do raisons qui s’y opposent, on peut logiquement en déduire que ce léger désordre initial pourra amener plus tard des changements morbides ou y prédisposer. Mais les cas produits ou qui pourraient être élucidés au moyen de la théorie exposée ci-dessus, sont, il faut l’avouer, très peu nombreux.

D’après The Lancet , M. W. H. Bermett a cité, dans une conférence clinique tenue à Saint-George’s Hospital, deux cas très probables, et suggestifs s’ils ne sont pas concluants.

Il s’agit dans chacun de ces cas d’une tumeur, dont le volume augmenta d’une manière rapide, à la suite d’une préoccupation constante de l’esprit du malade sur son mal et d’une attention perpétuelle à, la partie malade.

D'autre part, on a quelques exemples que des médecins ou des chirurgiens, s’étant adonnés d’une manière toute spéciale à l'étude et au traitement de tel ou tel organe ou de telle ou telle affection, aient subi un commencement de la maladie vers laquelle s’étaient portées leurs études.

Ces exemples sont en assez petit nombre pour ne pas dépasser les moyennes ordinaires de la probabilité. (La Nature).

.Mè.miiuès

dit aussi qu'un seul accès peut déterminer la folie, surtout sous l’influence de l'alcool. Bennett cite un jeune homme qui avait fui la maison paternelle pour aller faire la fêle à Londres et qui, avant reçu de son père une sévère réprimande, lut pris le soir même de delirium Ireniens.

Aliberl a rapporté l’exemple d'un domestique qui, on 1793, ayant vu son maître conduit à l’échafaud, fut soudainement frappé d’une éruption furfuracée qu'il conserva plusieurs années. Suivant ce médecin, les dartres de toutes espèces sont souvent occasionnées par une vive frayeur ou de grands revers de fortune.

Cœlius Aurelianus rapporte (pie le grammairien Artemidore fut saisi d'un tel effroi en voyant un crocodile, qu’il en perdit sans retour la mémoire.

Suivant Tissot, Pinel, Esquirol, Georget, les violentes commotions morales, la colère, le chagrin, en un mot toutes les passions fortes sont les causes ordinaires de l'épilepsie, mais la frayeur est sans contredit celle qui exerce l’influence la plus fâcheuse sur la production de celle cruelle maladie.

La commotion morale peut, lorsqu’elle est très

.‘12(> LES CLIUOSITÉS DU SYSTEM L MiKVEUX

violente, arrêter complètement le jeu «les fonctions animales. (J)

Diagoras, de Rhodes, lomba mort entre les bras <le ses fils, qu’il venait de voir couronner aux jeux olympiques.

Par contre, la joie peut produire l'effet inverse et devenir curatrice de maladies qui avaient résisté aux plus énergiques médications.

On raconte que Claude de Peiresc, ce savant que Bayle appelait le « procureur général de la littérature », éprouva tant de plaisir en recevant une lettre du président deThou, qu’il fut subitement guéri d’une paralysie qui affectait surtout la langue, organe dont il recouvra si bien l’usage qu’il put chanter un hymnie renfermé dans la lettre.

Le professeur Coringius fut guéri d’une lièvre tierce par le plaisir de causer avec le célèbre anatomiste Meibondus.

(1) «Nous ne concevons pas facilement que la peur, le chagrin, et autres passions de ce genre, vicient les sécrétions, et augmentent la transpiration. Les Annales Médicales rapportent le cas d’une jeune fille dont les sécrétions axillaires devinrent tellement fétides, par suite de l’horreur qu’elle avait éprouvée en voyant assassiner aux Indes des parents à elle, qu’elle ne pouvait aller dans le monde. >» Les côtés obscurs de la nature , par Mrs Crowe, p. 494.

LES EMOTIONS MOIlItlDES

Alexandre de Païenne guérit Alphonse le Sage d une fièvre de langueur en lui lisant Ouinle-Curce. La lecture de Ïile-Live produisit le même effet sur Ferdinand le Catholique.

Ambroise Paré, lluysch, Maekensie regardent la joie comme le meilleur remède de toutes les affections chroniques.

On en a souvent constaté les heureux effets dans la jaunisse, la paralysie et surtout dans les maladies de langueur.

Van Swieten raconte qu'un goutteux condamné à mort guérit en apprenant qu'il était gracié.

11 serait superflu de rappeler les funestes effets de la colère ; on en trouve des exemples à chaque page de l’histoire. Nous ajouterons toutefois que cette passion est la cause d’un grand nombre de maladies; qu’elle produitles troubles les plus désordonnés et quelquefois même une mort subite.

Fallope a rapporté l’exemple d'une femme qui était prise d’un érysipèle au nez chaque fois qu’elle se mettait en colère.

Le docteur Magnus Iîuss (de Stockholm) a publié, vers 18(53, l’observation d’une jeune tille de 19 ans, Marie K..., atteinte d’une sueur de sang et de convulsions épileptiques, que rappelait tout mouvement de colère, et même une altercation un peu vive.

Un jeune savant, indigné de voir sa découverte Contestée par un homme puissant, dont le devoir

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