LES EMOTIONS MORBIDES
chale de Mirepoix termina ses jours en 1 701 , à Bruxelles, dans un âge avancé. Le prince de Ligne rapporte, dans ses lettres, que, le jour même de sa mort, le médecin lui annonça une amélioration : « Fâcheuse nouvelle, dit la maréchale, ayant fait mes paquets, j’aimerais mieux partir. »
Le célèbre grammairien Urbain Domergue était retenu au lit par un abcès à la gorge qui menaçait de le suffoquer. Son médecin s’approche et lui dit : Si vous ne prenez ce que je vous ordonne, je vous observe que... — Et moi je te fais observer, s’écrie le moribond, transporté d'une scientifique colère, que c’est bien assez de m’empoisonner par tes remèdes, sans qu’à mon dernier moment tu viennes m’assassiner par tes solécismes. Va-l-en ! A ces mots prononcés avec impétuosité, l’abcès crève, la gorge se débarrasse, et grâce au solécisme, l’irascible grammairien fut rendu à la vie.
Le Duc d’Elbeuf était si violent dans sa colère, qu’un jour il voulut jeter par la fenêtre sa femme qui était grosse. Elle fut saisie d’un tremblement si fort que le fils dont elle accoucha eut toujours un tremblement (pii le rendit incapable de tout ; il avait d'ailleurs beaucoup d’esprit, de politesse et de
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savoir. Ou le (il chevalier de Malle : il passa toute sa vie au Mans où il mourut. On le surnomma le Tremblent'.
Percy rapporte que, ayant assisté à une opération de la taille, qui lut très longue à cause d'une hémorrhagie difficile à arrêter, le caleuleux, quiétait sexagénaire, invité plusieurs fois par le chirurgien à laisser échapper ses cris, répondit toujours avec sang-froid que cela n’en valait pas la peine.
D’Alembert, au contraire, préféra mourir plutôt que de se laisser tailler; et Fagon ayant annoncé à Bossuet qu'il avait la pierre, la crainte seule de V opération le troubla cruellement et précipita sa mort.
Atteint d’une iluxion de poitrine, lord Byron, ayant refusé d’abord de voir un médecin, puis ensuite de suivre les conseils de celui qui avait été appelé, paya de sa vie sa malheureuse obstination.
Celle-ci ne fut pas moins fatale à Descaries, qui, atteintd’unefièvre dévorante excitée par les rigueurs du climat de Stockholm, y succomba à l’âge de 54 ans; il avait voulu la traiter lui-même par l’eaude-vie, prétendant déjà, deux siècles presque avant Hahnemann, que les semblables guérissent par les semblables.
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Les Passions-Remèdes
Ouvrez au hasard les traités de thérapeutique modernes, nous vous mettons au déti d’y trouver les remèdes curatifs que nous allons signaler. Et cependant le père de la Médecine, Hippocrate en personne, n’a pas négligé d’indiquer, dans ses écrits, le grand parti qu’on pouvait tirer des passions affectives pour le traitement des maladies.
Les passions seraient donc des remèdes ? Nous venons d’invoquer à ce propos 1 autorité d Hippocrate. Mais Galien, et après lui Ambroise Paré, Sanetorius, Tissot, ont cité une foule de cures obtenues par l’effet de la joie notamment, dans les fièvres intermittentes, le scorbut, la jaunisse, la scrofulose, la paralysie.
Le rire, qui est une expression de la joie, ne produil pas seulement une accélération marquée de la circulation, mais il imprime à certains muscles une secousse qui produit les plus heureux résultats. C’est ainsi que Pechlin rapporte qu’un jeune homme, grièvement blessé à la poitrine, était abandonné des médecins, qui avaient jugé son état comme désespéré. Ses camarades, qui le veillaient, eurent l’idée de noircir avec de « la mouclmre de
LES CUI1 IOSITÉS DU SYSTEME NE It VEUX
chandelle » le plus jeune d’entre eux qui s’était endormi au pied du lit. Le mourant, avant ouvert les yeux, Int si lrappé de ce grotesque spectacle qu il se mit a rire aux éclats — ce qui provoqua un épanchement sanguin abondant, lequel provoqua sa guérison.
Plus d une lois le rire a déterminé la délivrance de femmes en couches, dont la résistance était épuisée.
Plusieurs vomiques ou abcès dans le poumon ont été ouverts dans les bronches et heureusement expulsés par les effets du rire. Ce fut en lisant les Lettres clés hommes obscurs. qu’K rasme rejeta la vomique qui le suffoquait et qu'il échappa ainsi à une mort certaine.
La curiosité a servi aussi bien des fois d’aisuil-
Ion a des malades atteints d’affections du système nerveux. Andry rapporte, dans son Orthopédie , qu’en 1682, six paralytiques de l’Hôpital général de Paris se levèrent et marchèrent, au grand étonnement de tous, curieux qu'ils étaient de voir l’ambassadeur du Maroc venu pour les visiter.
La colère a été recommandée par Hippocrate et depuis par Bacon, dans h' traitement dos maladies chroniques, caractérisées par une atonie générale. Des praticiens, très dignes de loi. ont attesté que la fièvre intermittente, 1 hydropisie, le rhumatisme, la goutte, la surdité et mèmele mutisme de naissance, avaient quelquefois complètement disparu après un