LES PASSIONS-REMÈDES
accès de colère. Pechlin a cité l’observation d’une chute de l’utérus, guérie par la peur, qu’avait causée à la malade la vue d’un incendie. Le même médecin a rapporté le cas d’un de ses amis, affecté d'une fièvre tierce, qui, assailli en mer par une tempête violente, en conçut une telle frayeur que ses accès ne revinrent plus.
Lieutaud a observé nombre de cas d’épilepsie guéris par la peur. Ce moyen n’était pas inconnu de Boerliaave. qui le mit à profit dans les circonstances suivantes : un jour, dans un hôpital de Haarlem, il s’était déclaré dans les salles une maladie convulsive dont presque tous les sujetsétaientaffectés.Boerhaave fil mettre au milieu des salles un brasier, où l’on entretenait continuellement un fer rouge, destiné à brûler jusqu’à l’os le premier qui tomberait dans une attaque nerveuse. A la suite de cette menace, tout rentra dans l’ordre.
A la Révolution de juillet 1830, une foule d’indispositions chroniques, des névralgies surtout et des névroses, disparurent comme par enchantement, surtout chez les femmes, préoccupées qu’elles étaient de l’issue du combat.
Enfin le nom seul de la passion dominante peut suffire à réveiller en nous le sentiment et les forces. Morand a cité, dans ses Opuscules, 1 exemple d’un joueur qui ne sortit de sa torpeur que quand on lui eut crié aux oreilles : Quinte , quatorze et le point !