‹ Les curiosités la scienceChapitre 52 sur 53 · CONFIDENCES D’UN MONSTRE · texte numérisé non relu

CONFIDENCES D’UN MONSTRE

toute maigriotte et souffreteuse que j’étais, car cet homme offrit de me louer pour cinq ans, à raison de cinq cents francs l’an. La famille exigea la première année d’avance et c’est chez, le cabàreticr, moi présente et toute joyeuse de revoir les beaux champs, le radieux soleil, que le contrat fut scellé. Maman, ivre de bonheur et de vin clairet, 11e cessait de contempler les vingt-cinq pièces d’or, auxquelles je devais la vie. Je dînai ce jour- là, et les jours qui suivirent; en deux mois, je me remplumai, je devins îorte et belle ; tout ce qui fait la femme naquit et se développa comme par enchantement. Si bien que le jour où la voiture do l’hercule nous emporta sur la grande route, lui gros et rouge, moi fraîche et souriante, tous les gars nous suivirent jusqu’à micôte, applaudisant et criant : — La jolie fille ! Le beau luron î

« En Espagne, qù nous allâmes d’abord.., »

— Eh ben ! la grosse, t’as pas encore fini de jaboter ! grogna derrière la toile une voix rude. C’était lui, l’heureux seigneur de céans ; le monstre lui imposa silence d’un mot à la Zola. Et comme elle allait reprendre le fil de son récit, dont je me souciais fort *peu, à présent qu’il devenait banal, émaillé d’amourettes et d’aventures de tréteaux, je me levai pour prendre congé.

La belle me fit signer une attestation que vous verrez encadrée demain ; je la remerciai chaleureusement, et je sortis de l’antre avec un violent mal de tête, rêvassant d «fret us à dixhuit pattes et de géants à trente-six mille bras 1

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