LUE
Gette tuméfaction n’élail pas sensible. N'importe quel point de la tuméfaction gardail l'empreinte du doigt. La papule causée par la lancette n’augmenta pas de dimension après que le pollen y eut élé appliqué. La tumeur grandit jusqu'à mesurer » 1/2 pouces de long et 1/2 de large, et s'éleva au-dessus du niveau ordinaire de la peau de près de 3/4 de pouce. Pas de douleur dans le membre. La tuméfaction atteignit son maximum en 6 heures, puis demeura stationnaire pendant 8 heures, puis elle disparut peu à peu ; au bout de 48 heures, il n’en restait pas de trace.
En septembre 1865, Blackley refait la même expérience. IL obtient le même résultat, avec cette seule différence que la tuméfaction est un peu moins volumineuse et disparaît plus vite.
Il recommence encore l’année suivante, en 1866, cette fois sur le tégument recouvrant le tibia droit, et toujours avec les mêmes résultats.
En 1875, il refait encore l'expérience, mais cette fois il a perfectionné sa technique et se rapproche de la méthode actuelle. Il emploie seulement 1 centième de grain de pollen (1 grain=6 1/2 centigr.) et obtient encore un résultat analogue.
Trois ans après fut publiée une autre auto-observation qui nous intéresse plus directement encore puisqu'il s’agit d'asthme, mais qui n’est qu'une observation clinique et non une véritable expérimentation comme celle de Blackley.
C’est celle d'Hyde Salter qui avait des crises d’asthme occasionnées par les émanations du chat.
Il nremarqua sur ses bras et ses mains des saillies blanchâtres et dures qu'il aurait pu croire produites par une ortie, mais qui apparaissaient au niveau des coups de griffes que lui avait donnés son chat.
De même ses conjonctives réagissaient violemment quand, ayant caressé son chat, il portait la main à ses yeux.
On voit donc qu'il avait ainsi réalisé une véritable cutiréaction et, d'autre part, une ophtalmo-réaction.
Il faut ensuite attendre jusqu’en 1909 pour retrouver un nouveau cas.
C’est Rufus Cole qui frotta la peau préalablement scarifiée d'un malade sensibilisé au sarrasin avec une infusion stérilisée de sarrasin. Une véritable cuti-réaction très fortement positive ‘apparut, accompagnée d’ailleurs de signes
généraux graves, ce qui était peut-être dù à l’abrasion profonde de la peau.
Puis, c’est Schloss, en 1912, qui le premier fit des cutiréactions comme on les fait actuellement, avec des protéines.
C'était chez un enfant sensibilisé aux œufs, aux amandes et à la farine d'orge.
Voici la technique qu'il donne. Il prend des protéines des trois substances alimentaires susdites et fait des cuti-réactions suivant la méthode que Pirket emploie pour la tuberculine.
Dans la légère abrasion du tégument, il frotte doucement la substance incriminée.
Les produits actifs donnent alors, au lieu de linoculation, une plaque d’urticaire distincte, qui apparaît au bout de 5 à 15 minutes. La réaction est plus ou moins intense. Quand elle est forte, on obtient une papule de 1,5 à 3 cm. de diamètre et 1 à b de hauteur. La réaction disparaît en une 1/2 heure ou 1 heure. Il reste seulement alors la marque de la scarification.
L'auteur conclut de ses expériences :
— Que la cuti-réaction n'est pas le résultat d’une irritation chimique ou mécanique, mais montre bien une réaction spéciale de l'enfant aux substances auxquelles il est particulièrement sensible.
Ce travail suscita un vif intérêt en Amérique.
Les culi-réactions dans ces dernières années. — À partir de 1916, les travaux et les statistiques sur les cuti-réactions se multiplient, mais il faut se souvenir que presque tous confondent asthme et rhume des foins.
C'est seulement la statistique de MM. Pasteur Vallery- Radot et P. Blamoutier qui a complètement séparé les deux syndromes, commie nous le ferons nous-môême.
Goodale le premier, en 1916, publie une statistique importante composée de 00 cas. Mais ce sont presque uniquement des rhumes de foin, il y a seulement 3 cas d'asthme.
Il écrit :
L'on sait, depuis quelques années, qu’un individu sensibilisé à une protéine donnée peut présenter une réaction caractéristique si la protéine est mise, sous une forme soluble, en concentration suffisante, en contact avec une égratignure de la peau. Il importe donc de reconnaître et d’interpréter correctement, dans ce travail, la signification de la cuti-réaction.
La cuti-réaction, d’après Goodale, peut être considérée comme un moyen de révéler la sensibilisation à la protéine employée, elle n’est cependant pas toujours proportionnée à l'intensité des symptômes.
L'auteur conclut que l’on possède là un moyen certain de diagnostic de troubles vaso-moteurs des voies aériennes supérieures.
Puis, Walker consacre une série d’études fort importantes et intéressantes à la cuti-réaction.
Il à fait des cuti-réactions avec des protéines microbiennes et trouve que, dans l'asthme, les cuti-réactions positives se voient le plus souvent avec le Staphylocoque pyogenes aureus, puis avec le St. pyog. albus, très rarement avec les protéines des autres microorganismes.
Nous avons vu que les protéines microbiennes nous paraissaient peu intéressantes à utiliser dans les cuti-réactions.
L'étude IV,de Walker, porte sur les protéines de squames de cheval, de poils de chat et de chien, et sur les sérums de ces animaux.
Beaucoup d’asthmatiques, conclut-il, sont sensibilisés aux squames de cheval, peu au sérum de cheval.
L'étude V est du plus haut intérêt et nous paraît avoir une portée étendue. Walker fait, en effet, des cuti-réactions avec, d’une part, la protéine globale de la farine de blé, d'autre part, les protéines individuelles du blé qu'il divise EL
globuline, gliadine, gluténine, leucosine, protéose.
Il déduit de ses expériences que la protéine globale de farine de blé est de peu de valeur pour déterminer la sensibilisation à la farine dans l'asthme. Il importe d'employer les protéines individuelles de la farine.
Nous avons suivi cette technique.
Dans l'étude X, Walker s'occupe de la sensibilisation aux protéines d'animaux, de fruits et de végétaux.
IL trouve 14", de réactions positives au poil de bétail.
6° — — aux plumes.