‹ Les cygnesChapitre 10 sur 17 · i chante encor l'hymne dont mon cœur saigne · texte numérisé non relu

i chante encor l'hymne dont mon cœur saigne

D'aimer et de mourir et de ressusciter...

Fîit-il un temps où, cherchant qui t'étreigne.

Douleur, apparaissant à l'âme enténébrée.

Tu vins, ouvrant tes bras, comme pour l'abriter.

Et Ht qu'elle sourit à sa honte parée

D'un diadème abject dont, encor ! son front saigne ?

Vexilla Régis... funérailles !

Pour porter l'étendard il n'est plus même un homme : A peine un front courbé devant l'épou vantail... Monte dans l'encens bleu vers l'or vert du vitrail. Verbe majestueux aux profondeurs d'abime, Verbe désespéré des échos de Solyme, Rythmé des voix de Rome, Reine de la bataille !

Verbe incompris mais tel qu'en ton ombre défaille Le péché de science aux baisers de la Foi : Voix où la douleur tendre endort jusqu'à l'effroi, Voix vaine, et fausse voix, voix morte même en moi, 0 funérailles !

jlTlVANT que, lâche, on s'habitue

A sourire de soi devant l'heure accablée,

J'ai regardé dans mon âme troublée :

Quel hymme redirait l'amour qui brûle et tue,

La prière de nuit sur ma lèvre tremblée

Et ma joie exultant, toute de feu vêtue,

Et toute la douleur de son désir comblée...

Sa lassitude qui follement s'évertue

A renié l'effort, un soir, et m'a semblée

Si vaine que j'ouvris mes yeux vers ton bleu voile,

Nuit, que j'ai souri comme un enfant qu'on appelle,

Et que, me retournant de l'aurore éternelle

J'ai prié doucement, Enfance, ton étoile.

La douce fête !

Et le retour, et l'accalmie ;

Ma paix fut de chanter toni'cve

Ame crenfance, vierge de-prière triste;

Car tout ceci, depuis q^'on chante des poèmes

C'est la voix, en ccho, d'un seul instant de Vie

Qui sourd, enfin ! et qui persiste ;

Ma paix fut de chanter ton rêve

Et retourné de l'ombre où tout chemin s'achève

J'ai regardé vers ton étoile évangélique

Disant tout haut les mots que tu rêvas muette,

Enfance, c'était ta voix, cette musique ;

Avoir été au parterre de Vie

Une heure passive de joie immesurée,

Gela dont se vêt la terre ;

Avoir vécu l'heure assouvie

Sous la gloire du firmament azuré ;

Avoir été un instant du mystère ;

En le concert de vie émerveillée

Avoir été quelque note envolée.

Et la dire en écho sur la vie affolée...

Dès hier, vois, je marche seul et grave

Selon le nouveau choix de mes espoirs anciens

Qui voudraient vivre, enfin, ressusciter, revivre; Soir! enveloppe-nous de ton mystère grave; J'ai froid à rame et faim au cœur et l'esprit ivre De tout ce qu'on écoute aux croix des grands chemins.

Je marcherai plus sûr du but et de la voie En l'ombre intuitive où tout chemin s'efface Et, refermant les yeux, je m'éblouis de joie A contempler du cœur la splendeur de ta face,

Hélène,

Hélène, à la lèvre sereine, Hélène, avec tes cheveux roux.

Entre tes saules apparais-nous.

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