ARGUMENT
iVl(JUTE !
Entre les saules l)leiis évanouie;
Au miroir de l'étang par la brise tuée;
N'avais-tu cure de notre escorte
De jeunesse éblouie
Vers Toi seule évertuée?
Toi dont la voix redit les mêmes mots Qui font chantant l'amour de toute éternité, Ne dois-tu pas nous dire un jeune secret ? A nous les fils des fils de tes amants de gloire ?
Nous dire l'ombre aussi, et le rêve (jumeaux Tisserands d'un voile illuminant ta nudité), Et nous dire d'un rire un rythme qui serait Ta démarche de victoire !
Non que nous pleurions, las de l'attente ;
Non que nous blasphémions de tristesse ta joie :
Car nous voici cueillant des scions de tes saules
Pour chercher sur la flûte, en l'herbe qui verdoie,
Le frisson de sa feuille frémissante
D'avoir frôlé d'un baiser tes épaules...
Hélène, nous chanterons ce soir.
Et d'heure en heure, et jusqu'à tes étoiles
Et jusque par delà la nuit, et jusqu'à vivre
Selon ton âme, et jusqu'à voir
Frémir de volupté tes chastes voiles
Dont le secret se hvre ;
Hélène, nous chanterons ce soir.