Les d'Algay (1793-1890)
A toutes les époques de notre histoire militaire, les armées françaises comptèrent dans leurs rangs un grand nombre de Limousins. Tous n'ont certes pas atteint les sommets de la hiérarchie : tous, cependant, presque sans exception, ont marqué dans nos armées par leur endurance, leur entrain et leur vaillance.
Plus occupés à guerroyer qu'à écrire, bien peu relativement de ces soldats ont songé à tracer leurs souvenirs de guerre.
Et, cependant, que d'admirables pages, quelle ample moisson pour un Livre d'or des gloires militaires de ce pittoresque et poétique coin de France !
C'est donc avec une joie véritable et aussi avec une sorte de religion que nous publions ces lettres tout intimes, écrites au jour le jour, sans prétention, avec enthousiasme et sous l'inspiration vraie des événements et des circonstances.
Ces différentes correspondances des d'Algay, pieusement conservées, nous ont été très obligeamment communiquées par M"^ Lombard d'Algay. Nous ne saurions trop remercier la descendante de ces vigoureux soldats, de la façon aimable et courtoise avec laquelle elle nous a autorisé à puiser dans ses archives de famille.
G. Bertin.
Les trois frères Algay s'enrôlèrent en 1794- Le a" et dernier bataillon de leur département ayant quitté Tulle le 28 novembre 179.3 pour se rendre à l'armée des Alpes, nos trois volontaires
»., 6 — eurent l'ordre de rejoindre le bataillon de la Sarthe ', employé à l'armée des Pyrénées-Occidentales. Arrivés à Bayoïine et grâce à l'influence de leur compatriote le général Sahuguet, ils furent incorporés à la date du 6 juillet 1794 dans le i" bataillon de la demi-brigade des Aurois ^
Chalard, le ss^îond des frères d'Algay', ne tarde pas à tomber malade. 11 obtient un congé de convalescence et s'en revient au pays natal ^.
Sa position, en somme assez irrégulière, l'inquiète : il s'en ouvre à son frère. Villeneuve le rassure, l'engage même à ne pas revenir puisqu'il est nanti d'une prolongation en règle. Qu'au surplus, il doit s'adresser au général Sahuguet si les protections dont il dispose lui paraissent insuffisantes. « C'est ce que tu as de mieux à faire, ajoute-t-il ; ne nous viens rejoindre qu'à la dernière extrémité. »
Villeneuve, on le voit, ne paraît guère enthousiasmé de la posi-