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Lettre de Valette, Marseille, i6 thermidor an VI

2. Constituée le 12 prairial an III avec le 3* bataillon de la Neste, le bataillon des Picquiers de la Réole et celui des chasseurs Aurois. Ce dernier, corps franc, formé le 20 vendémiaire an II de chasseurs pyrénéens de la vallée d'Aure, avait continuellement fait partie de l'armée des Pyrénées-Occidentales et s'était trouvé à la prise de la vallée de Bastan le 6 thermidor an II ainsi qu'à plusieurs autres affaires glorieuses dont le succès fut, en partie, attribué à l'entrain de La Tour d'Auvergne.

Le premier grenadier de France commandait toutes les compagnies de grenadiers formant l'avant-garde et appelées la Colonne infernale; il sut toujours maintenir la plus stricte discipline parmi ces braves que le général Foy nous dépeint ainsi dans sa remarquable Histoire des guerres de la Péninsule :

« La Colonne injernale observait une discipline qui rappelle la conduite des armées romaines dans les beaux temps de la République. Elle campait une fois en Biscaye, dans des vergers plantés de cerisiers et les soldats n'osèrent pas cueillir les fruits qui pendaient aux arbres... Paix aux chaumières ! telle était la devise qu'ils avaient reçue de leur chef, et leur respect pour la propriété s'étendait à la demeure du riche comme à celle du pauvre. «

3. La famille d'Algay, dont les armoiries étaient d'argent au chevron de gueule surmontant une tour de même, maç ,nnée de sable, comptait, au xyii^ siècle, un mousquetaire, chevalier de Saint-Louis, el un membre de l'Académie française, savant traducteur de Térence, Virgile, Ovide et Juvénal, Etienne d'Algay de Martignac, mort en 1698. Un d'Algay de Martignac fut aussi ministre sous Charles X.

La particule, supprimée aux approches de la Révolution, ne fut rétablie qu'à la suite d'une requête, présentée au tribunal civil de Brive le 3o juillet 1862.

Jean d'Algay, père des trois volontaires, conseiller du roi au présidial de Brive, juge du comté el du marquisat de Saint-Aulaire, naquit à Issandon (Corrèze), le 25 novembre 172G. De son mariage (3i juillet i7rj8) avec Marie-Françoise de Cledat, il avait eu neuf enfants, six garçons et trois filles. Trois des garçons s'enrôlèrent et signèrent leur correspo;idance des différents noms de fiefs ayant appartenu à leurs auteurs. L'aîné, Pierre, né le lO janvier 1769, sign:ii: Villeneuve; .lacques-Blaise- Pierre (17 juillet 1771), Chalard; le troisième Gabriel (i" janvier 1763), Valette.

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