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CHAPITRE VIII

La Trahlaou.

Le mois de novembre touchait à sa fin : on

était arrivé au 29. La nature allait changer son

aspect d’automne contre celui de l’hiver. Les champs étaient nus et les arbres presque dépouillés de leurs feuilles.

Une pluie froide alternait avec la neige, balayée elle-même par le vent. Le baron de Warkotsch, qui avait été invité à dîner par le roi à Strehlen , avait fait ce jour-là une course trèsfatigante dans les environs , accompagné du margrave Charles et de l aide de camp du roi Krusemark ; il ne fut de retour à Schœnbrunn que fort tard, avec Cappel, son veneur. — Ce dernier était de très- mauvaise humeur. Pendant cette course de plusieurs heures il n’avait pris aucun repos. À leur arrivée au château, le baron le congédia sans s’informer seulement s’il avait pris quelque chose.

Sans avoir attendu la fin du deuil de sa mère, Cappel s’était marié peu après avoir eu la place de veneur. Lorsqu’il arriva chez lui il trouva sa femme endormie et pas de souper prêt. Cependant, comme la fatigue était plus forte que la faim, il se coucha après avoir avalé rapidement un morceau. - Vers minuit il fut

réveillé de son profond sommeil par un domestique du baron, qui lui apportait une lettre qu’il fallait faire parvenir de suite au bailli Schmidt, de Siebenhuben. Cappel reçut cette commission en jurant et en pestant contre son maître, qui, disait-il, ne pouvait pas même le laisser dormir tranquillement.

En général , on pouvait s’apercevoir que plus Cappel avançait dans les bonnes grâces du baron, plus il négligeait son service. 11 ne faisait tout juste que ce qui lui plaisait. 11 s’habilla avec humeur et quitta sa demeure en murmurant des imprécations contre le baron.

Il traversa en frissonnant la grande rue du village. Tout était silencieux et dormait, lui seul ne pouvait pas se reposer. 11 passa auprès du cimetière où il n’avait pas remis les pieds depuis l’enterrement de sa mère. Cette fois il s’arrêta machinalement devant le mur bas qui l’entourait et regarda les croix noires qui marquaient les tombes des morts. Malgré lui il se souvint des paroles que le pasteur avait prononcées à l’enterrement :

« Que nous reste-t-il sur la terre ? Rien qu’une bonne ou une mauvaise réputation, un nom honoré ou méprisé. »

Soucieux, il regarda le ciel où les étoiles étincelaient ; mais hélas ! il ne pouvait regarder ces témoins de la bonté divine avec joie et tranquillité, comme s’était exprimé Gerlach lors de la mort du veneur. Une peur horrible s’empara de Cappel, et sembla lui glacer le sang. Indécis, il poursuivit lentement son chemin.

Il y a des moments où la nuit, l’aspect du ciel étoilé, et la vue d’un cimetière tranquille vous rappellent d’une manière énergique la fragilité des choses terrestres, et influencent jusqu’aux hommes les plus pervertis.

Lorsque Cappel s’approcha du presbytère, il aperçut de la lumière à une des fenêtres de l’appartement du rez-de-chaussée, qui se trouvait fort peu élevé du sol : ce fut pour lui une apparition consolante.

Par une disposition extraordinaire de la Providence, cette lumière fut pour lui plus salu-

taire que l’éclat des étoiles qui brillaient au ciel. Cette lumière venait pour ainsi dire d’éclairer son cœur sombre et endurci. Il ne put s’empêcher de regarder de plus près dans la chambre du bon pasteur, et il monta sur un sureau. De là il aperçut M. Gerlach assis à une table, les mains jointes sur le bord d’une Bible ouverte devant lui : il paraissait lire avec beaucoup d’attention ; la paix avec Dieu, les hommes et lui-même était peinte sur la douce et vénérable figure du pasteur; et Cappel se trouvait disposé à l’envier. L’exptession de cette profonde sérénité imprimée sur ses traits faisait un profond contraste à son propre désespoir.

Le pasteur ferma son livre, se leva et s’approcha de la fenêtre, qu’il ouvrit pour détacher le volet extérieur et le fermer. Pendant ce temps Cappel avait quitté sa position sur le sureau. Un sentiment inconnu jusqu’alors le fit avancer près du pasteur, et il lui souhaita cordialement une bonne nuit pendant que sa main détachait la chaîne du volet.

— Bonsoir, lui répondit celui-ci amicale-

ment; allons! bonne chance. Est-ce vous, Neudorf? ajouta-t-il, croyant parler au gardien du village.

— C’est moi, Cappel, monsieur le pasteur, répondit-il.

— Ah ! c'est vous, fit le pasteur étonné, et en l’honneur de qui êtes-vous encore debout à cette heure?

— Je vais porter une lettre de mon maître au bailli Schmidt à Siebenhuben, répondit Cappel sans pouvoir déguiser sa mauvaise humeur.

— Elle est donc bien pressée! reprit le pasteur, pour qu’on vous envoie si loin par un temps à ne pas mettre un chien dehors.

— Vous avez raison, M. Gerlach, répliqua le chasseur; plus d’un chien a une meilleure vie que moi : les miens sont couchés en ce moment et dorment tranquillement. Moi, j’ai suivi mon maître à cheval toute la journée, et à peine suisje couché qu’il envoie me réveiller pour me faire aller à Siebenhuben, en me faisant dire de ménager mon cheval. Quant à moi, je ne dois pas me ménager.

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Svvous voulez avoir celle hoirie pour moi, )«ci mettcx cpie j'enire. par ia funélrc .

— Pauvre homme! dit le pasteur avec compassion; si vous voulez, prenez un des chevaux de mon lils pour aller à Siebenhuben, et ainsi vous serez promptement de retour, et il sera encore temps pour vous coucher. Je vais vous ouvrir la porte. Mais il faudra le seller vousmème, car je n’y entends rien.

Cette offre de la part d’un homme qu'il avait regardé presque comme son ennemi toucha le veneur.

— Restez, monsieur le pasteur, dit-il avec intérêt; vous pourriez vous refroidir. Si réellement vous voulez avoir cette bonté pour moi, permettez que j’entre par la fenêtre, j’épargnerai ainsi un grand détour à l’un comme à l’autre.

— Comme vous voudrez, dit M. Gerlach ; et il tendit la main pour aider le veneur à escalader la fenêtre, ce qui fut fait sans grands efforts, de sorte qu’il se trouva bientôt à côté du pasteur. Ce dernier prit la lampe pour conduire le chasseur à l’écurie.

— Permettez-moi, monsieur le pasteur, dit

Cappel, de me reposer pendant quelques minutes. C’est comme si j’avais du plomb dans les jambes. Et il tomba dans le fauteuil du pasteur, qui posa la lampe et attendit patiemment qu’il fût reposé. Cappel aurait préféré ne pas être forcé de repartir. Les coussins moelleux du fauteuil et la tiède température de la chambre ranimèrent ses membres et firent disparaître toute fatigue. Il était si ému de la cordialité du pasteur, de son entretien si plein de bonté, qu’il était tenté de le prendre pour un ange.

— Eh quoi ! vous lisiez encore à une heure si. avancée? dit Cappel en interrompant un long silence.

— Oui, répondit Gerlach, je me préparais à mon prochain sermon ; j'ai choisi pour sujet le huitième commandement qui nous défend de mentir, de dire du mal de quelqu’un ou de répandre des calomnies. J’ai lu ensuite l’histoire du traître Doeg, qui fut cause que quatre-vingtsix lévites vénérés perdirent la vie et qui rendit ainsi leurs femmes veuves et leurs enfants orphelins.

— Crojez-vous, dit Cappel distrait, qu’on ne puisse pas trahir un secret?

— 11 y a trahir et trahir, observa Gerlach. Supposons que quelqu’un me confie en secret qu’il a l’intention d’incendier une maison ou d'assassiner son semblable ou de faire du mal de toute autre manière, il est alors de mon devoir de le déclarer et je ne suis pas un traître. Mais celui qui agit comme Dbeg, comme Judas qui trahit son Seigneur et maître pour trente écus, ou enfin, comme le secrétaire intime, le Saxon Menzel, celui-là est un traître infâme et les corbeaux, n’en veulent même pas, comme dit le proverbe.

Ceux qui se servent des traîtres les méprisent même intérieurement, et tout le monde les exècre et les fuit. C’est ce qui fait que le métier déshonorant d’espion est généralement méprisé.

— Vous ne voulez donc pas décidément vendre les chevaux au baron? dit Cappel pour changer de conversation.

— Je ne puis pas, répondit le pasteur : ils

sont à mon neveu, et je lui ai promis de les

garder jusqu’à sou retour. Un honnête homme n’a que sa parole.

— Et vous ne craignez pas la vengeance du baron? demanda le veneur; il est toujours furieux contre vous, et vous n’avez rien de bon à attendre de lui.

— Moi et les miens, dit le pasteur avec calme, nous sommes sous la protection de Dieu ; et dès que j’ai fait mon devoir, j’attends avec confiance ce qui peut arriver. Je suis persuadé que le Seigneur conduira tout au mieux.

Cappel regarda le sol en réfléchissant.

— Ah ! dit-il après un moment, je voudrais bien ne pas être obligé d’aller à Siebenhuben.

■ — Je vous crois, pauvre homme, dit Gerlach : le chemin est long et mauvais, la nuit froide et vous êtes fatigué.

— Ce n’est pas cela, répliqua Cappel, c’est que je crains que cette lettre ne contienne rien de bon. Le bailli Schmidt est un ami de mon maître, et il ne fait pas toujours ce qui est bien.

— Laissons cela, dit le pasteur d’un air sérieux. Nous ne devons dire que du bien du

prochain, et croire toujours qu’il fait ce qui est juste et honnête. Nous sommes tous des pécheurs, mais le manteau de la charité couvre tous nos défauts.

Cappel se tut, mais sa poitrine était agitée.

— M. le pasteur, reprit-il après un moment, je ne suis pas à mon aise. Il me semble tout d’un coup que j’ai peur.

— Je vais vous chercher quelque chose, dit le pasteur, en faisant un mouvement.

— Au nom de Dieu, ne me laisse/ pas seul, s’écria le veneur, en prenant les mains de M. Gerlach; ayez pitié de moi. Et il essuyait de grosses gouttes de sueur qui découlaient de son front. Je sais quelque chose, continua-t-il en gémissant, je connais un secret qui me pèse; je voudrais pouvoir vous le confier, et pourtant je ne voudrais pas être un traître. Je ne voudrais faire de mal à personne, et garder ma place qui me nourrit. Qui me conseillera ce que je dois faire?

— Si la connaissance de ce secret vous donne de pareils tourments, observa Gerlach, je crains

qu’il ne soit bien dangereux, et vous pouvez, vous devez même le découvrir. S’agit-il, par hasard, d’une personne innocente à qui l’on tend une embûche?

— Innocente, c’est* ce que je ne sais pas, répliqua Cappel. Le bailli Schmidt prétend le contraire et pourtant je ne puis me tranquilliser. La personne dont il s’agit est d’un rang très-élevé.

Gerlach regarda le veneur avec fixité : il réfléchissait profondément. Peu à peu le soupçon qui.venait de naître dans son esprit devint une véritable certitude.

. — C’est du roi que vous parlez ! s’écria-t-il tout à coup avec force et conviction.

— Oui, répondit Cappel au bout d’un instant, d’une voix creuse et en passant la main sur sa figure, oui, c’est du roi de Prusse.

— Votre roi, votre souverain, continua Gerlach. Et vous doutiez s’il s’agissait d’une personne innocente ou d’un coupable? Cappel, savez-vous qu’il n’y a personne sur la terre qui n’ait rien au monde à reprocher? Mais le

juge des rois c’est Dieu, le Roi des rois. Le juge des rois c’est encore la postérité : elle pèsera aussi un jour les actions de Frédéric le Grand. Quant à nous, ses sujets, nous lui devons obéissance et fidélité ainsi que nous l’avons juré. Si vous ne pouvez pas rester fidèle, eh bien, passez à l’ennemi et combattez les armes à la main. Mais ourdir des complots, c’est un fait méprisable que tout le monde regarde comme une infamie.

— Maintenant que je vous l’ai dit, je me sens mieux.

— G’est un signe que vous avez bien agi, dit Gerlach.

— Alors, laissez-moi découvrir tout, continua le veneur. Depuis longtemps le baron a le projet de livrer le roi aux Autrichiens.

— L’ingrat! interrompit le pasteur. Lui que le roi a exempté de toutes impositions de guerre, lui qu’il a traité avec tant de distinction !

— On lui a offert cent mille florins pour prix de sa trahison, continua Gappel.

— Qu’est-ce que cela conlre la perte d’un

nom honorable? Le baron n’a-t-il pas assez de ses magnifiques terres qui valent quatre fois ce qu’on lui offre?

— Le baron, reprit Cappel, regarde le roi comme perdu. La Silésie tout entière, ainsi que la Prusse sont à ses yeux des possessions autrichiennes. Il ne veut que bâter la fin de la guerre.

— J’espère qu’il aura compté sans son hôte, observa le pasteur.

— Dans la nuit du 1 5 août, continua le veneur dans sa narration, le roi devait être livré mort ou vif aux Autrichiens. A cet effet, le baron avait fait distribuer une immense quantité de vin aux gardes et aux domestiques de Sa Majesté. Un certain nombre de Croates étaient cachés dans le parc et une troupe de hussards se tenaient en embuscade dans la forêt pour paraître au premier signal. Mais l’apparition du corps d’armée du général Ziethen qui entoura Schœnbrunn fit échouer cette entreprise, qui fut remise à une occasion plus propice.

— Bon Dieu! s’écria le pasteur en joignant

les mains, comme vous veillez toujours sur vos enfants ! Que de fois ne détournez-vous pas de dessus nos têtes, des dangers dont nous ne nous doutons pas! O Frédéric! ô Frédéric! nos craintes n’étaient pas si mal fondées que tu le croyais, et tu nous as injustement renvoyés à nos sermonnaire, férule et abécédaire.

— Maintenant on veut exécuter l’enlèvement du roi, pendant qu’il est encore à Waiselwitz, et entouré seulement de trente hommes de gardes, dit Cappel. Un détachement de hussards impériaux doit le surprendre la nuit, le faire prisonnier, et, à la faveur de la forêt, le conduire au quartier général de l’armée autrichienne. Pour détourner l’attention de l’armée prussienne et lui faire oublier la résidence actuelle du roi, on veut mettre le feu à une dizaine de villages situés autour de Strehlen. Alors on croit que la guerre sera terminée d’un seul coup. Le comte Wallis, à qui est adressé la lettre que je dois remettre au bailli Schmidt, est l’intermédiaire autrichien de ce complot, et Schmidt se charge des lettres que lui et le ba-

ron s’écrivent. Le baron m’a mis dans le secret en me lisant toutes les lettres qu’il adressait au comte avant de les cacheter et de les envoyer. Il n'y a que le contenu de celle-ci que je ne - connais pas; mais je crains qu’elle ne renferme rien de bon pour le roi. Ouvrez-la, M. le pasteur, la voici.

Cappel tira la lettre de sa poche et la donna au pasteur qui lut l’adresse. Elle était écrite en

français, à M. le comte de Wallis.

Il recula devant la pensée de l’ouvrir, car il répugnait à son âme honnête de briser le cachet d’une lettre adressée à un autre. Le veneur, moins délicat, tira le pasteur de sa perplexité en reprenant la lettre et en l'ouvrant.

— Assurez-vous vous-même, dit-il, en donnant la lettre dépliée à M. Gerlach, voyez si j’ai menti ou non.

Ce ne fut qu’en pensant au danger que la vie du roi courait et au bien qu’il pouvait faire à la Prusse, que le pasteur se détermina à lire la lettre dont voici le contenu exact :

«Il ne s’est passé rien de nouveau. La voi- « ture ou la calèche à quatre places est devant « la porte et aura probablement été enlevée « dernièrement à cause des grandes pluies. Il « n’y a nulle part de piquet, de poste ni de vi- «vandière. Le quartier général n’est pas aussi « pompeux que chez vous. J’y étais aujourd’hui. « Pendant le jour, j’ai vu une sentinelle dans « la rue, mais la nuit on n’en a point placé ; « de sorte qu’il y en a tout au plus deux à l’en- « trée de l’appartement qui est très-petit, et « une, peut-être, devant la porte. Ne craignez «donc rien: tout semble vous favoriser; et « dussiez-vous ne pas réussir, vous ne risquez «autre chose que d’être fait prisonnier. — « Encore un avis : il y a en ce moment vingt à « trente hommes de chasseurs à pied à Pogart «pour empêcher les désertions; mais comme « vous avez des guides, vous n’avez pas besoin « de passer par Pogart, que vous laisserez à «votre gauche. Demain, la caisse de l’armée va « partir, et ce soir l’artillerie se met en route. «Ainsi, le meilleur serait, lundi, dans la nuit.

« Il n’est pas impossible que l’oiseau soit en- « volé mardi. — Adieu.»

Le crime du baron était si atroce et dépassait tellement tout ce que le bon pasteur pouvait s’imaginer, qu’il refusait encore d’y croire. La lettre ne portait d’ailleurs pas de signature, et pouvait très-bien être fausse ; c’était peut-être quelque vengeance. M. Gerlach se souvint alors qu’il avait encore la lettre du baron, lorsqu’il voulut lui acheter les chevaux. Le pasteur la chercha et en compara l’écriture avec celle qu’il venait de lire. — Elles se ressemblaient tellement qu’il ne pouvait plus lui rester aucun doute sur la trahison du baron.

Que faire maintenant pour déjouer ces projets horribles? Fallait-il instruire le roi du complot et rendre le baron pourtoujoursimpuissant?

— Il faut que vous alliez immédiatement à Waiselwitz, remettre la lettre vous-même au roi, dit Gerlach après quelques minutes de réflexion.

Ce conseil ne parut pas squrire au veneur.

Il se gratta l’oreille.

— Si mon maître l’apprend, répondit-il, et si les Autrichiens remportent la victoire, malgré cela, je perds ma place et peut-être serai-je mis en prison ou même pendu.

— Tant de milliers de nos frères ont versé leur sang pour le roi et la patrie, et le versent encore, dit Gerlach, et vous reculez devant une légère course à cheval pour le sauver? L’honnête homme ne réfléchit pas longtemps quelles suites pourront avoir ses actions, dès qu’elles sont nobles et bonnes. — Waiselwitz n’est pas une batterie hérissée de canons, qu’il vous faut enlever de force. Vous y trouverez un bon roi qui est un père pour ses sujets, et qui saura vous protéger contre le baron, malgré tous les ennemis qu’il a à combattre. Voyez le sort de tous les traîtres : l’un d’eux a-t-il joui en paix du prix de sa trahison ?

Courage, mon cher lils ! assez longtemps vous avez consenti à favoriser le mal, faites une fois le bien. Ne demandez pas d’abord quelle sera votre récompense : votre bonne action perdrait tout son mérite.

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