‹ Les Dadas, ou les Effets de la trahisonChapitre 16 sur 36 · LES DAIMS · texte numérisé non relu

LES DAIMS

Enfin le pasteur réussit à combattre avec succès toutes les objections et les inquiétudes du veneur. — Pendant que celui-ci sellait et bridait l’un des chevaux, le pasteur réveilla sa sœur et lui communiqua en peu de mots ce qui s’était passé, et alors la pensée lui vint d’accompagner le veneur chez le roi.

— Si je ne l’accompagne pas, se dit-il, pour justifier sa résolution, je crains qu’il ne change de résolution et qu'il ne revienne sur ses pas. 11 faut faciliter à nos frères le retour vers le bien et non en augmenter les difficultés.

— Mais, Christian, observa dame Bénigne inquiète, songe donc qu’il fait nuit, que tu n’es pas un cavalier accompli, et ce cheval est si méchant!... Si toute celte affaire n’était qu’un piège que te tend la vengeance du baron?

Le pasteur était effrayé ; il réfléchit.

— N’importe, répondit-il avec fermeté, il faut que j’y aille. Il ne s’agit pas d’un dada ici, mais de la vie d’un roi et du bien de plusieurs millions de personnes. — Le doigt deDieu est visible dans tout ceci : il m’a désigné, moi, pauvre pasteur,

LA COURSE NOCTURNE

pour être l’instrument de sa volonté. Ainsi j’ai étudié très-tard, cette nuit, pour préparer mon sermon, ainsi j’ai parlé de trahison ; d’ailleurs, j’ai appris à monter un peu à cheval : — nous avons deux bons chevaux; — puis aussi, j’ai reçu l’écriture du baron : tout ceci prouve que Dieu veille sur nous, et celui qui a commencé la chose la conduira aussi à bonne fin. Je vais faire seller les deux chevaux.

Accompagné des bénédictions de sa sœur, le pasteur sortit au trot de Schœnbrunn à côté du veneur, après avoir pris la précaution de mettre dans sa poche la lettre adressée au comte Wallis ainsi que celle qu’il avait reçue luimême.

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