‹ Les dames du Plessis-Rouge; pièce en cinq actes et six tableauxChapitre 120 sur 139 · A.NT01 NE · texte numérisé non relu

A.NT01 NE

Laissez, laissez... Pour lors, je vais mourir, madame.

MA.RCEL LE.

Mais non, Antoine, vous n'allez pas mourir.

Laissez, laissez... je sais bien où j'en suis. Demain, à cette heure... Mais avant de mourir, faut régler ses affaires, n'est-ce pas? quand on peut; et on peut encore les régler... on va voir à ça.

M A.RCELLE.

Antoine, j'ai peur que ma belle-mère ait des soupçons... le docteur a prononcé le mot d'empoisonnement.

ANTOINE

Il a parlé, ah! bien, laissez dire, laissez dire. Pas de danger qu'on découvre rien, allez! pas de danger.

M A.RCE LLE.

Mais, Antoine, si l'on trouvait chez vous de ce poison?

C'est ça qui vous remue le cœur le plus, hein? Quand je serai mort, vous avez peur qu'on fouille ici, et qu'on déniche quelque chose!... Mais, tenez, là dans le feu, toutes mes herbes, tout, y a plus rien. Mais y a plus besoin de rien, l'ouvrage est faite maintenant. D'ici à la Noël... (il fait un ^este sinistre.) Ça sera quasiment comme si j'allais tirer les pieds à madame Richard pour l'emmener au cimetière avec moi. — Seulement, voilà à cette heure que j'ai tenu ma promesse ou tout comme : vous allez être débarrassée de la vieille, et de moi pardessus le marché... Mais c'est pas tout ça que d'avoir fait la besogne, j'veux mon dû.

MARCELLE

Que puis-je faire pour vous, Antoine? Vous savez bien que tout ce qui est en mon pouvoir...

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