ACTE DEUXIÈME
MARGELLE
Votre départ simulé d'hier, un guet-apens, un guetapens infâme!... Oh! ce coup de fusil sinistre, votre retour dans la nuit !... Comment n'ai-je pas tout compris alors?... Et vous avez osé me tendre votre main, et vous m'avez serrée dans vos bras d'assassin !...
HENRI
Marcelle !
MARGELLE
Assassin ! Lâche ! lâche !
HENRI
Mais, ne voyez-vous pas que m'accuser ainsi, c'est me dire que j'avais le droit de tuer cet homme ?
MARGELLE
Vous avouez donc que vous l'avez tué?
11 était donc votre amant !
MARGELLE
Lâche ! lâche !
HENRI
Répondez. Il était votre amant ; mais répondez, répondez!... Ou s'il ne l'était pas encore, il allait le devenir, n'est-ce pas? c'était chez lui que vous alliez, ce matin ? Ah ! j'avais donc assez raison de vous soupçonner. Eh ! bien, tant mieux alors, qu'il soit mort, cet homme, et béni soit Dieu ou diable qui m'a débarrassé de lui.
MARGELLE
Mort, mort ! ce pauvre enfant, mort pour moi !
HENRI
Ah ! vous l'aimiez bien !
MARGELLE
Non ! je ne l'aimais pas ; mais je l'aime maintenant; je
54 LES li \ M ES DU PLESSIS-ROUGE
L'aime, entendez-vous .' je l'aime autant que je vous hais! Et j'éta'S sa maîtresse ; oui, j'étais sa maitresse. Je me suis donnée à lui sans amour, par liai m- de vous.
HENRI
Taisez-vous, taisez-vous!
MARGELLE
Non, vous entendrez tout; hier encore, je m'étais donnée à lui.