ACTE DEUXIÈME !i i
HEN RI
Que le jardin soit bien net, bien propre, bien pimpant pTur le retour de ma mère.
A N TOINE
Ce sera, monsieur, pour sûr, ça sera. Je suis aux allées pour le quart d'heure. C'est pas encore fini, parce que je suis tout seul ; mes aides se sont tirés, rapport au crime... naturellement qu'il n'y a plus eu moyen de les tenir... C'est jeune, c'est curieux.
HENRI
Quel crime ? Que voulez-vous dire ?
ANTOINE
Monsieur ne sait pas qu'on a tué un homme, cette nuit, dans le pays ?
MARGELLE, vivement.
On a tué un homme !
HENRI
Où cela?
ANTOINE
Ben ! proche le petit bois, paraît. Moi, j'y ai pas été voir! J'ai entendu dire comme ça seulement qu'on avait tué un homme. Je croyais que monsieur et madame savaient.
HENRI
Quoi? Qu'est-ce qu'il }t a en? une rixe, un assassinat... Qui est-ce qui a été tué?
C'cst-il drôle que monsieur et madame soient les derniers à être informés. Pour sûr qu'c'est bien les premiers, je croyais, qui auraient su.
MARGELLE
Mais, parlez donc ? Qui a-t-on tué ?
C'est ma foi bien le pauvre monsieur qu'est encore venu hier au château, qu'on a trouvé comme ça, mort sur la route, ce matin, d'un coup de fusil, qu'on dit.
MARGE L LE
M. de Chasseny !
Elle chancelle.
C'est ça, oui ; c'est bien ça, M. de Chasseny.
II EN MI, vivement.
Laissez-nous, Antoine.
ANTOINE
Oui, monsieur. J'in'en vas finir mon ouvrage ; et que tout soit bien convenable pour le retour de madame Richard. Pour sûr, pour sûr.