ACTE DEUXIÈME
HENRI
Une vengeance, si vous voulez; après tout, pourquoi pas? M. de Chasseny était un jeune écervelé, et grand coureur de filles, à ce qu'on dit. Si cette mort tragique est le dénouement de quelque aventure de garnison...
MARGELLE, avec violence.
C'est vous, c'est vous qui osez parler ainsi?
HENRI
Mais sapristi, ma chère, M. de Chasseny ne s'est pas logé une balle tout seul dans le dos. Il faut bien que quelqu'un l'ait tué.
LE PROCUREUR
Oui, monsieur. Il faut que quelqu'un l'ait tué. Et il faut que la justice retrouve le meurtrier.
MARCELLE
Et elle le retrouvera.
HENRI
Je l'espère. Mais comme ce n'est ni vous ni moi qu1 avons des chances de le découvrir, il est inutile que vous vous mêliez plus longtemps de tout ceci. Cet événement vous a bouleversée. 11 y a de quoi, raison de plus pour ne pas prolonger de pareilles émotions. Faites-moi l'amitié de rentrer chez vous. (Bas.) Je le veux.
MARCELLE
Non.
HENRI
Marcelle!
MARCELLE
Non, non, nonl
Kile tombe évanouie.
Marcelle, Marcelle! (aux deux hommes.) Messieurs... (il va
LES DAMES nu PLESSIS- ROUGE
sonner et appeler.) Klisa! Elisa! I II revient à Marcelle qui a rouvert les yeux et le regarde avec épouvante.) Marcelle! (Entrent Joseph
et Éliaa.) klisa, mon enfant, emmenez madame dans sa chambre... Joseph, qu'on aille chercher le docteur tout de
suite, tout de Suite... (Joseph sort par la droite, Klisa sort par >a gauche, emmenant Marcelle. Henri va les suivra.) Je VOUS demande pardon, monsieur.
LE PROCUREUR, l'arrêtant.
Un mot, monsieur, s'il vous plaît.
HENRI
Mais, monsieur...
LE PROCUREUR, impératif.
Je vous en prie, (a. son greffier.) Dubois, allez vous occuper de réunir les témoins pour les signatures du procèsverbal; je vous rejoins.