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CHAPITRE NEUVIÈME

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A l'extrémité du golfe, un rocher grisâtre, taillé à pic comme une muraille, et s'ensevelissant dans la mer a des profondeurs immenses, couvre le corsaire Malaca devenu forban.

Un navire de l'Achoron, nionlé par des mar ins de l'enfer, donnerait une idée du Malaca en ce moment.

Trente bandits recrutés à Sumba, aux îles d'Aru, à Timor, a Banjermassing, à Buton, se démènent à bord et font luire aux étoiles toutes les nuances du cuivre indien sur des visages de démons.

Le chef, le terrible Banlam, dont la comtesse Aurore nous a donné le portrait, bondit sur le pont avec l'agilité du mandrille, et blasphème avec des sifflements de boa.

— Ici, Pluton ! ici, Neptunio ! crie-l-il; \'ous êtes des lâches! vous êtes des femmes ! vous étiez dix contre cinq ; vous

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avez fui comme des requins devant une anguille ! Par la niorl de lous les dieux bleus, vous ne verrez pas le soleil de demain !

Les deux Malais b gayaienl une juslification.

— Avalez votre langue! reprit Bautam, vous m'irritez comme le tamtam fêlé de Myassour! l'agonie ne parle pas, elle râle î Je vais vous enterrer dans le ventre des poissons.

Et Banlam tira un coup de pistolet à bout portant sur Pluton et Neptunio.

Ils tombèrent, et on jeta leurs cadavres à la mer, comme on se débai'rasse d'un lest trop lourd.

— Ici, Cobra-Capel! et toi, OEil-de- Tigre, ici! cria Banlam.

Les deux bandits s'avancèrent en tremblant.

— Vous êtes deux rameaux de mon arbre de fer ; vous êtes couraj^eux comme 1 éléphant Lri valu ! vous aurez trois parts de plus dans la prise du Irois-mâls le Diemen. ^

Tout l'équipage applaudit a cet acte de justice, et le plus grand silence se fit tout de suite pour entendre les autres paroles du chef.

— Cobra-Capel, poursuivit Bantam, Plu ton et Neplunio sont morts ils ne peuvent |)lus me répondre; tu vas me ré-

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pondre pour eux, cl la vérité toujours... cntends-lu? J'ai une batte de plomb pour tous tes mensonges.

Cobra-Cafpef fit si^né qu'it réporrd'rait a la demande par une vérité.

■ — Ces deux coquins, continua Banfam, ont-ils assassiné Surcouf ?

— Non, capitaine, ré])ondit Cobra- Capel; nous avons déposé M. Surcouf, d'après vos ordres, sur h\ pointe de Madura, et il ne lui a été fait aucun mal.

— Tu le jures par Boudlia-Çoura, le mauvais esprit des nuits ?

^- Oui, capitaine.

— C'est bien... Et les cinq Bretons?

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