SCÈNE -PREMIERE
LA BARONNE DOZEN et TALDÉ au milieu de la scèn«
«ur un pouf, NATHALIL etLINDER assis près du piano,
MADAME GERMAIN p. éparaut le thé au fond ,
LE DOCTEUR KOCREFF dort près
de la cheminée dans uu fauteuil.
TALDÉ, debout.
Voyons, entre nous, baronne, qu'est-ce que c'est que la princesse Walanolï?
LA BARONNE, assise.
C'est la princesse Lydia Walanolï, lille du prince Walanolf, comme je suis la baronne Dozen, femme du
baron Dozen, comme cette jeune iille qui déchiflfre au piano est Nathalie Virenski, comme M. Linder qui fait de la musique avec elle, est M. Linder un musicien allemand, comme M. KourefF, qui dort là-bas, est le docteur Koureff, comme madame Germain qui prépare le thé est madame Germain, la gouvernante française qui a élevé la princesse Lydia; — enfin comme vous êtes monsieur de Taldé, attaché d'ambassade par profession, touriste par hasard, et curieux par nature et même par nationalité.
TALDÉ.
Ce n'est pas cela que je vous demande, baronne, cela, je le sais aussi bien que vous.
LA BARONNE
C'est pourtant tout ce que je veux vous dire. Le Français né malin qui a créé le vaudeville, quand il voyage dans un pays comme le nôtre, ne doit pas demander de renseignements. Il doit chercher, surprendre, voir, deviner. Ce n'est pas à nous, Russes, à donner des notes sur nous-mêmes; nous en dirions trop de bien ou trop de mal. Ayez des points de repère, partez d'une observation, lirez des conséquences : ce n'est pourtant pas difficile. La princesse est jeune et jolie, vous savez bien ce que c'est qu'une femme jeune et jolie, dans tous les pays du monde. Elle n'a pas voulu jusqu'à présent enchaîner sa liberté; elle a eu bien i-aison puisqu'elle n'aimait personne et que son père qui l'adore lui laisse faire tout ce qu'elle veut. Elle est coquette, c'est bien naturel. Tout le monde lui fait la cour, c'est bien juste. Elle n'est pas aussi riche qu'elle paraît, tant pis ; le gouverneur général fait de nombreux cadeaux à son père, tant mieux ; les mauvaises langues disent que c'est r. .■•■■' .^ .i,. c^ fille ; les autres, plus nombreux, assurent quil n'y a là qu'une compensation offerte par un vieux compagnon d'armes millionnaire à un ami moins bien traité par la