SCENE PREMIÈRE ANNA, OSIP
ANNA, finissant de jouer, se levant.
Assez, Osip ! cela m'attriste !
OSIP, gaiement, se levant.
Joue alors de ta musique, si la nôtre t'ennuie, te déplaît...
ANXA.
Je ne veux pas dire cela, mon bon Osip, tu sais bien au contraire que j'aime quand tu chantes.
OSIP
Mieux que quand je parle.
AN-NA
Pourquoi me dis-tu cela, Osip? J'aime aussi t'entendre causer; certes, tu es ignorant de bien des choses, mais est-ce ta faute si l'éducation te manque? Et puis, tu es un excellent élève, si tu continues à faire les mêmes progrès, il faudra songer à un autre professeur, car bientôt tu en sauras autant que moi.
OSIP, tendremeot.
Le maître n'est-il pas trop indulgent. C'est étonnant comme tu sais tout !
A X X A , gentiment.
Eh bien! pour récompenser ton professeur, pourquoi ne veux-tu pas le mener à Moscou? J'ai un si vif désir de voir notre sainte capitale.
OSIP
Et tu la verras, en son temps, je te le promets.