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ACTE TROISIÈME

devant Notre-Dame d'Iverskaïa, la sainte patronne de Moscou.

OSIP

Ne me prie pas ainsi, ma douce Anna. Est-ce que je puis te refuser quelque cliose? Je serais capable de partir sur-le-champ, et crois-moi, nous ne pouvons pas, aujourd'hui moins qu'avant. J'ai mes raisons, il y va de notre repos.

ANNA

Je te sens sincère comme toujours, et je crois que ces raisons existent, mais me les diras-tu? Puis-je les connaître?

OSIP

Sans doute, je n'ai rien à cacher à mon ange bienaimé. J'attends des renseignements ; s'ils sont favorables, toute difficulté sera levée, — tu iras à Moscou... patiente encore un peu.

ANNA

Soit, je patienterai... (curieuse.) Et de qui dois-tu tenir ces renseignements importants ?

OSIP

D'un ami qui a promis de venir me voir. Je l'attends même ce soir. Mais, dis-moi francliement? T'ennuies-tu tant à Morozovitchi que tu veux courir le monde?

ANNA

Oh! que tu es vilain de me parler ainsi, c'est maintenant que tu devrais te taire : où pourrais-je trouver une vie plus calme, un intérieur plus tranquille que le nôtre? Tiens, je ne t'ai pas remercié encore pour ce beau bouquet.

Elle montre un bouquet de fleurs d'automne et lui présente son front qu'Osip embrasse avec amour.

OSIP

Tu n'as jamais été si affectueuse, ma colombe. Va, si tu es contente, moi, je suis bien beureux.

AXXA, admirant le bouquet.

Ces fleurs sont superbes. Les fleurs I je trouve que c'est ce que Dieu a créé de plus beau au monde.

OSIP, simplement.

Après toi, — car en prenant à chacune de ces fleurs son charme principal, on n'arriverait pas à former un tout qui te vaudrait. N'es-tu pas plus blanche que cette marguerite, — plus fraîche que cette rose ; — tes yeux ne sont-ils pas plus ombragés, plus profonds que cette belle pensée?... Ces fleurs n'ont que Téclat de la surface» toi, tu as une âme qui éclaire ta beauté, — une douce voix qui en chante l'harmonie, et je donnerais bien la moitié de ma vie pour que tes yeux me regardent une minute seulement comme ils regardent ces fleurs!

Il s'approche d'Anna.

ANNA, touchée.

Je n'aurais jamais cru que tu pusses l'exprimer aussi bien; je ne mérite pas d'aussi douces paroles, mais elles me touchent.

OSIP, avec émotion.

Vrai?

Prenant sa main.

ANNA, en se dégageant.

Si nous prenions notre thé ; il me semble qu'il en est temps ; va dire qu'on nous serve, va!

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