‹ Les DanicheffChapitre 59 sur 92 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

OSIP, tristement.

Tout dô suite ! (ll sort. — Anna se met au piano et joue quelques accords brillants d'une mazurka de Chopin. — Osip rentre suivi d'une servante, costume russe, portant le samovar. — Il écoute la fin du morceau en la regardant.) Anna! (Anna quitte le piano.) Dire quG c'est toi que je vois aiusi près de moi, toi sur qui il y a quelques mois à peine je n'osais même lever les veux! C'est le vrai bonheur! va, vivre ainsi loin de tous, — être toujours ensemble, — t'admirer, te soigner, te gâter, aimer Dieu, oublier les méchants, attendre doucement la vieillesse, — la rencontrer sans frayeur et être prêts à comparaître devant notre juge à tous, — n'ayant jamais fait le mal. Voilà le beau rêve que ta douce image me donne chaque fois que je m'absorbe en elle. Dis, mon Anna, n'est-ce pas là un sort que le czar nous envierait?... Dis, ne me comprends- tu pas?...

ANNA, mélancolique.

Si! M'as-tu jamais entendu me plaindre? Voici ton verre.

Elle lui sert na verre de thé .

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