ACTE TROISIÈME
pour reconnaître tous mes bienfaits, pour t'acquitter de ta reconnaissance, tu n'as rien trouvé de mieux que de te prêter à la combinaison la plus honteuse et la plus basse, tu m'as volé la femme que j'aimais. Tu es un misérable et je ne sais ce qui me retient de te couper le visage.
Il saisit le fouet sur la table et lève la main. OSIP, avec un grand calme.
Frappez, mais vous n'aurez pas assez de toute votre vie pour expier une pareille action.
AVLADIMIR.
Parce que?
OSIP
Parce que je ne suis pas coupable.
WLADIMIR
Tu oses dire...
OSIP
Que fallait-il faire?
WLADIMIR
Refuser cette épouse.
OSIP
Je ne le pouvais pas.
WLADIMIR
Parce que tu Taimais?
D'abord, (Xouveaii mouvement menaçant de Wladimir.) etpuis, parce
qu'on Teùt donnée à un autre qui ne vous aurait peutêtre pas dû comme moi la vie de son père et de sa mère.
WLADIMIR
N'importe. Tu n'aurais pas trempé dans une trahison.
OSIP
La trahison, de qui venait-elle?
WLA.DIMIR jette le fonet avec fureur.
De ma mère, hélas! qui m'avait promis d'attendre un an, et si pendant cette année j'aimais toujours Anna, de me la donner pour femme.
OSIP
Eh bien?
WLADIMIR
Eh bien ! deux heures après, elle te la donnait.
OSIP
Et l'engagement qu'elle ne tenait pas, je l'ai pris pour mon compte, moi, et je l'ai tenu, voilà tout.-
WLADIMIR
Que veux-tu dire?
OSIP
Si les grands ne tiennent pas leurs serments et que les petits ne fassent pas leur devoir, où irons-nous?
Je ne te comprends pas.
OSIP
C'est pourtant bien simple. Je suis un honnête homme, reconnaissant du bien quon me fait. Vous aimiez Anna, elle vous aimait; moi je vous aimais tous les deux. Le présent que votre mère me faisait dans un moment d'injustice et de colère, je ne l'ai accepté, moi, que comme