ACTE PREMIER
ANFISSA
Je crois bien, elle n'a même pas daigné me remercier pour mes prédictions.
Paul entre an fond, pose son chapeau snr une chaise. PAUL, à sa tante.
Ma chère tante!
Il lui baise la main.
LA COMTESSE
Bonjour, Paul. Tiens, voici une lettre pour toi. (Elle k
prend sur le plateau et la lui donne.) De quclque belle dame, SaUS
doute, à qui tu fais la cour? C'est à ces correspondanceslà que tu as mangé la part qui te revenait de ma sœur, et maintenant tu voudrais écorner la mienne.
PAUL passe à droite, examinant la lettre.
Une adresse française... et le timbre de Moscou! Diable! on dirait récriture de Roger, (il décacheté la lettre, la lit des yeux.) Mais, c'cst lui! Comment, il est à Moscou? (nia
lit complètement en riant souvent.) ToUJOUrS le même ! LA COMTESSE.
Qu'est-ce qui te fait rire? Peut-on le savoir?
PAUL
C'est cette lettre que je viens de recevoir, ma tante, c'est un problème vraiment difficile à résoudre, et vous devriez m'aider.
Volontiers.
PAUL
Comme madame de Sévigné, je vous le donne en cent, en mille, en dix mille, non, vous ne devineriez pas... J'aime... autant vous le dire. Eh bien! on désire votre portrait...
LA COMTESSE
Mon portrait?
PAUL
Écoutez plutôt, (u lit ) a Mon cher comte, nous sum- » mes d'assez bons amis pour que je vous demande un
)) petit service, (il Ht quelques lignes des yeux, puis reprend.) Il
» s'agit de votre tante, la douairière Kathérina Pétrowna » Danicheff, chez laquelle vous êtes en villégiature! Tout » ce que j'entends dire de madame Danicheff depuis que » je suis à Moscou, me donne la plus grande envie de la » connaître. Le portrait que vous pouvez m'en tracer, )) avec votre esprit si parisien, m'aidera, sans doute, à » m'expliquer l'intérêt tout particulier que semble lui » porter la charmante amie qui vous vaut cette épitre... » J'attends donc la photographie demandée par le re- » tour du courrier et vous serre la main, etc., etc. » (Parlé.) Voilà, ma tante.
LA COMTESSE, se levant.
Et quelle est la charmante amie dont tu as passé le nom en me lisant cette lettre?
PAUL
Rien ne vous échapipe, chère tante.
Je ne suis pas tout à fait une biHe.
PAUL
La charmante amie, est la princesse Lydia Walanoff.
LA COMTESSE
Si elle voulait me connaître ne pouvait-pllf» prendre ses renseignements auprès de quelque auiie peiouane de la cour, voire même auprès de son père, le prince Boris, qui m'a bien connue, je pense? J'ai assez brillé pour