ACTE QUATRIÈME {Qo
ANFISSA
Tu savais toutes ces choses, mon pigeon adoré?
MARINNA.
Oui.
ANFISSA
Pourquoi ne les disais-tu pas?
MARIXNA.
Parce que tu ne me les demandais pas.
ANFISSA
Et où les as-tu apprises ?
MARINNA.
En écoutant.
ANFISSA
Alors, tu es aussi discrète que curieuse?
MARINNA.
Oui. Oreille ouverte, bouche fermée. C'est delà bonne politique.
ANFISSA
Même avec moi?
MARINNA.
Tu vois bien que non, puisque, à ta première question, je te dis tout. Mais j'avais du chagrin. En vérité, je trouve "ça très mal, ce qu'ils font tous à ce pauvre Osip. Car tu sais que pour obtenir le divorce, il faut qu'on l'accuse et qu'il se laisse accuser.
ANFISSA
Et il ne pourra plus se remarier?
MARINNA.
Hélas! le pauvre garçon.
ANFISSA
Et cela te fait peut-être plus de peine qu'à lui.
MARINNA.
Qui t'a dit cela?
ANFISSA
Je n'ai pas eu besoin d'écouter, j'ai vu ; mais sois tranquille : œil ouvert, bouche close.
MARINNA.
Anna n'a pas de cœur. Elle abandonne trop facilement Osip. Elle a l'air de trouver cela tout simple.
ANFISSA
Quand nous aimons un autre homme, l'homme qui nous aime est bien peu de chose pour nous.
MARINXA.
Ah! ça, c'est bien vrai!
AXFISSA.
Comment sais-tu ça, toi?
Il y a des choses que les femmes savent de naissance,
ANFISSA
Silence ! La comtesse!
LA COMTESSE vient de la terrasse, descend au milieu arec le prince. —
Aux vieilles.
Allez voir si tout est bien préparé dans l'appartement
de la princesse. Allez. (Les deux vieilles sortent par la droite. —