ACTE QUATRIÈME
WLADiailR.
C'est moi qui ai empêché ma mère de partir. Je voulais vous devoir ce service à vous, princesse. Il me semblait que personne plus que vous ne devait mettre à honneur de me le rendre.
LYDIA
J'ai tant insisté que j'ai failli y perdre le peu de crédit que j'avais.
Il me reste à vous remercier et à vous demander pardon de tant de peine.
U remonte ua peu.
LA COMTESSE
Qu'allons-nous devenir? Pourquoi m'as-tu retenue? Penses-tu que ma vieille tète, que ces cheveux blancs, n'auraient pas produit leur etlet? On se serait rappelé qui je suis... Un refus, un refus formell Maintenant, que faire?... Cependant, j'agissais pour le mieux, je le croyais du moins ; je consentais pour te sauver du désespoir, de la mort, à fouler aux pieds tous mes principes, toutes mes idées les plus chères, (se levant.) Eh bien! noni ce n'est pas encore assez. Nous sommes condaoanés sans ressource... On a aimé son fils jusqu'à la passion, jusqu'à la folie, on n'a vécu que pour lui, en lui seul on a tout mis, et c'est par lui qu'on souffre, qu'on est punie. Ah! c'est affreux, c'est affreux !
Lydia se lève. — La comtesse chancelle et va pour tomber. — Wladimir et Anna viennent vivement la soutenir et la conduire chez elle pai- la terrasse.
WLADIMIR, en s'élançaut.
Ah! ma mère 1
LA COMTESSE, en s'en allant.
Ah! ce n'est rien... J'ai besoin d'air, voilà tout; et d'ailleurs, je vais partir pour Pétersbourg. Je veux voir si on refusera à la comtesse Danichetf la seule chose qu'elle aura jamais demandée de sa vie.
Elle sort avec \Vladimir et Anna par la terrasse. LE PRINCE, les suivant.
Mais qu'est-ce que je suis venu faire ici?
Il sort.
Ah ! pauvre femme, pauvre mère! Je suis vraiment navrée.
TALDÉ.
Vraiment?
LYDIA
Oui... Que croyez-vous donc, cher monsieur?
TALUÉ.
Mon Dieu, je me disais : la princesse Lydia est une femme de cœur et d'esprit, les bous jours sont les jours où l'esprit et le cœur arrivent en même temps ; mais il y a des jours où ils n'arrivent que l'un après l'autre, le second se chargeant de réparer les erreurs du premier-
LYDIA
Je ne comprends pas.
TALDÉ.
Vous avez fait deux promesses, à propos de Wladimir ; la première qui était de vous venger de lui, la seconde qui était de lui venir en aide. Vous vous êtes trouvée un beau matin en face de ces deux promesses. Vous vous êtes dit : impossible de les tenir toutes les deux, et
AT E QCATHIÈME H9
comme il fallait absolument manquer à une de ces promesses, vous avez manqué à celle qui était Je moins agréable de tenir. Voilà ce que j'ai supposé... une minute*, mais je vous ai vue si émue tout à l'heure que je me suis reproché ces suppositions, que je vous fais toutes mes excuses, et que je félicite votre cœur, bien qu'il arrive un peu trop tard.
LYDIA, le regardaût.
Et vous avez raison, cher monsieur.
MARINNA, entrant à droite.
Princesse, votre appartement est prêt.
LYDIA
Je vous suis.
MarioQa sort. Lydia, à la porte, se retourne, fait à Taldé nne grande révérence, et sort.