‹ Les dates et les œuvres; symbolisme et poésie scientifiqueChapitre 6 sur 13 · PRIMITIF · texte numérisé non relu

PRIMITIF

J'ai donc exposé ailleurs en quoi ces grands Précurseurs en lignée traditionnelle, s'en rapprochant et s'en éloignant soutiennent ma pensée, — elle qui n'est point la sorte de compendium de toutes connaissances que nous trouvons généralement du xiii® au xviii*" siècle, ni, au siècle dernier, une apologie de la Science et de ses merveilles, non plus que les raisons philosophiques d'un sentiment personnel — en général spiritualistes et autant religieusement que philosophiquement, et presque généralement pessimistes — issues de l'égocentrique considération de l'univers. Toutes raisons qui ainsi se dénoncent incompréhensives du sens de l'Evolution, et que nous avons repoussées...

D'autre part, et part quantitativement dominante, c'est la tradition de poésie personnelle où le Moi se tient pour mesure et raison du Tout et le doue de sa propre sensibilité, de ses propres pré-conceptions. Symbolistes avant la lettre, — ces poètes ont regardé l'univers et l'ont à leur gré dissocié pour en lui se trouver soi : pour tâcher de pénétrer et capter et d'exprimer d'images analogiques, en le temps et l'espace, le plus de matière en prolongement de leur douleur, leur doute et leur plaisir — où se multiplier leur Moi. En même principe, l'inspiration, telle d'un Hugo, s'élargit aussi aux sen-

Page 1