AVANT-PROPOS XIII
timents généraux, et aux idées générales qui ne sont encore qu'un mode de sentir d'une époque.
Le « Symbolisme », — s'il est l'extrême développement du Romantisme et du Parnasse, l'est nécessairement à travers Baudelaire disant paradoxalement et en haine précisément de la Science : <( L'imagination est la plus scientifique des facultés, parce qu'elle comprend l'analogie universelle, ou ce qu'une religion mystique appelle la correspondance. » Si nous supprimons la contradiction: imagination et science (à moins que l'imagination vaille en ce sens, en étant promotrice d'hypothèses), et si répondons qu'analogie n'est point rapport, — nous avons là toute la doctrine Symboliste, et comprises ses tendances mystiques : l'imagination personnelle créant des analogies ou correspondances, et les exprimant par séries ordonnées d'images.
Mais, par son spirituedisme qui s'en va religieux, qui, philosophique, se précise surtout négativement d'un sentiment comtempteur des réalités, par ses thèmes non rénovés et qui empruntent très souvent aux époques passées, — il est aussi, plus loin que Romantisme et Parnasse, un merveilleux épanouissement de sensitivité de toute la tradition égocentriste. Et, disons, par exemple, que Verlaine peut être vu accomplissant délicieusement Villon et Rutebeuf.
Même, ne serait-on séduit par un rapprochement assez plein de suggestion, entre tels sonnets et proses de dernière manière de Mallarmé et les Jeux d'inanité non point même sonore des « poètes Rhétoriqueurs» du xv' siècle?...