AVANT-PROPOS
Les articles et discours réunis en ce volume y sont reproduits dans l'ordre chronologique où ils furent publiés. Seuls, Le Massacre des InnocenVi paru en 1886 et l' essai intitulé : Les Dieux de la Guerre^ emprunté à L'Intelligence des Fleurs, parus en 1907, sont antérieurs à cette guerre. Il m'a semblé qu'ils seraient ici mieux à leur place qÙ3 nulle autre part.
Ils sont réimprimés tels qu'ils furent écrits. Pour la première fois, dans uns œuvre
qui jusqu'à ce jour n'avait maudit personne, on entendra des paroles de haina et de malédiction. J'aurais voulu les éviter, estimant qu3 quiconque se permet d'écrire s'engage à ne rien hasarder qui pu'sse porter atteinte au respect et à l'amour que nous devons à tous les hommes. Il m'a fallu les prononcer; et je m'étonno autant que je m'attriste de ce que la force des choses et de la vérité m'a obligé de dire. J'ai aimé l'Allemagne, j'y comptais des amis qui maintenant, morts ou vivants, sont pour moi dans la tombe. Je l'ai crue grande, honnête et généreuse et elle me fut toujours hospitalière et bienveillante. Mais il y a des crimes qui anéantissent le passé et ferment l'avenir. En écartant la haine, j'aurais trahi l'amour.
J'ai essayé de m'élevcr au-dessus de la mêlée; mais plus je m'élevais, plus j'entendais ses cris et mieux j'apercevais sa démence
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et son horreur, la justice de notre cause et l'infamie de l'autre. Il est probable qu'unjour, lorsque le temps aura lassé les souvenirs et réparé les ruines, des sages affirmeront que nous nous sommes trompés et n'avons pas r< gardé d'assez haut, qu'on peut tout oublier, tout expliquer et qu'il faut tout comprendre; c'est qu'ils ne sauront plus ce que nous savons aujourd'hui et qu'ils n'auront pas vu ce que nous avons vu.