APRÈS LA VICTOIRE
En ces heures tragiques nul ne devrait avoir le droit de parler qui ne porte pas le fusil ; et tout ce qu'on peut écrire semble monstrueusement inutile, prodigieusement puéril en regard du grand drame qui pour longtemps sans doute, peut-être pour toujours, va délivrer l'humanité du fléau de la guerre, le seul qui soit inexplicable et sans excuse puisqu'il est le seul qui tout entier tienne dans la main des hommes. Mais tandis que nous sommes encore au centre du fléau, il est bon de peser dès ce jour le crime inexpiable de ceux qui l'ont déchaîné. C'est