POUR SAUVEP. QUATRE VILLES
sur le chemin de leur déroute. Il ne nous reste plus qu'un seul espoir : l'intervention immédiate, impérieuse des neutres. Vers eux se tournent nos regai'ds angoissés. Deux grandes nations notamment : l'Italie et les États- Unis, tiennent en leurs mains le. sort des derniers trésors dont la perte compterait quelque jour parmi les plus lourdes, les plus irréparables qu'ait faites au cours des siècles l'humanité civilisée. Elles peuvent ce qu'elles veulent; il est temps qu'elles fassent ce qu'il n'est plus permis de ne pas faire. Par ses mensonges affolés, la bête d'outre-Rhin, aux abois de la mort, montre assez quel prix elle attache à l'opinion des seuls peuples que n'ait pas encore armés contre elle l'exécration de tout ce qui respire. Elle a peur. Elle sent que tout croule sous elle et que tout l'abondonne. Elle quête en tous lieux un regard qui ne la maudisse point. Il ne faut plus qu'elle trouve ce regard. Il n'est pas nécessaire
d'apprendre à l'Italie ce que valent nos villes en danger. Elle est par excellence la terre des nobles villes. Notre cause est sa cause; elle nous doit son appui. En détruisant une œuvre de beauté, c'est son propre génie et ses dieux éternels qu'on outrage.
Quant à rAmériquc, elle représente mieux que tout autre peuple, l'avenir. Elle doit songer aux jours qui suivront cette guerre. Lorsque la grande paix descendra sm* la terre, qu'elle ne la trouve pas déserte et dépouillée de toutes ses parures. Les litux où cette terre est belle, grâce aux efforts des siècles, aux heureuses réussites de la bonne volonté, de la patience, du génie d'une race, ne sont pas très nombreux. Ce coin de Flandre sur quoi plane la mort est un de ces lieux consacrés. S'il périssait, il manquerait aux hommes qui vont naître et qui enfin seront peut-être heureux, des souvenirs et des exemples que rien ne saurait remplacer.
PRO PATPdA'
Je n'ai pas à rappelrr ici les événements qui précipitèrent la Belgique dans l'abîme de glorieuse détresse où elle se débat aujourd'hui. Elle est punie comme jamais peuple ne le fut, pour avoir fait son devoir comme jamais peuple ne le fit. Elle a sauvé le monde, tout en sachant qu'elle ne pouvait pas être sauvée. Elle l'a sauvé en se jetant en travers de la ruée barbare, en se laissant piétiner jusqu'à la mort, pour donner aux défenseurs de la justice le temps, non point de la secourir, car elle n'ignorait point qu'elle ne pouvait plus être secourue à temps, mais de ras-