‹ Les débuts de l'art en ÉgypteChapitre 10 sur 107 · F1G. 21. — ORNEMENTS DU FRONT · texte numérisé non relu

F1G. 21. — ORNEMENTS DU FRONT

Les deux ornements supérieurs ont servi également à suspendre un voile devant la figure.

être même exclusivement par les hommes, à en juger d’après la coutume des Touaregs et même de certains Arabes ’. On n’a pas de traces de cette coutume de se voiler la face dans

1 FRAZER, the Golden Bough, 2° édit., I, p. 313: « Amongst the Touaregs of the Sahara all the men (and not the woman) keep the lower part of their face, especially the month, veiled constantly ; the veil is never put off, not even in eating or sleeping », et note 3: « Amongst the Arabs men sometimes veiled their faces ». Édition francaise. Paris 1002,:[p..243 et note 4:

toute l'histoire de l'Égypte et ce sont les Arabes qui l'importèrent de nouveau au vIr* siècle de notre ère ”.

Grosse, dans son livresur les débuts de l’art*,rapporte une remarque intéressante de Lippert: « Le principe suivant lequel on choisit les endroits du corps destinés à porter la parure est un principe pratique et on fait abstraction de toute considération d’ordre idéal... Sont destinés à porter la parure, tous les endroits du corps qui forment des retrécissements au-dessus des parties osseuses et musculeuses plus larges. Ces endroits sont les suivants : le front et les tempes avec les os qui font saillie en dessous et le support formé par le pavillon de l'oreille, le cou et les épaules, les flancs et les hanches : aux jambes, c’est la région au-dessus des chevilles ; aux bras, ce sont le biceps, le poignet et, dans une moindre mesure, les doigts. L'homme primitif se sert de tous ces endroits pour y fixer des ornements ; mais il n’a pas été amené à ce choix pour des raisons esthétiques, mais par des considérations purement pratiques ».

Nous avons déjà parlé de la coiffure chez les primitifs égyptiens, nous devons maintenant étudier les’colliers, ceintures, bracelets, bagues, et voir comment le vêtement a pu se développer en partant de ces parures toutes élémentaires.

La forme la plus simple de ces décorations consiste à attacher à ces divers endroits du corps de simples « lanières de peau, des nerfs d'animaux, des tiges herbacées » *. Ensuite on y suspend des coquilles, des perles, des griffes d'animaux, etc.

En Égypte les coquilles sont fréquentes dans les tombes préhistoriques. Percées d’un trou elles servaient évidemment de parures *, et l'usage s’en est conservé dans les temps historiques où l’on imitait même des coquilles en terre émaillée ou en métal pour servir d'éléments de collier.

1 PETRIE, Vagada, pl. Lxu, 21-23 etp. 47 ; Diospolis parva, pl. 1 et p. 22. — Prehistoric Egyptian Carvings, dans Man, 1902,n° 113,p. 161-2, et pl'E5-7e

Voir SOCIN, À., Zs/amisme, dans BŒDEKER, Égypte, 2° édit. française. Leipzig, 1903, p. LxuI. « L'origine du voile remonte à la plus haute antiquité (Genèse, XXIV, 65 ; Isaïe, III, 22, 23); cependant on ne sait si les anciennes Égyptiennes l'ont porté, du moins on n’en voit pas d'exemples sur les monuments ».

NPD ACRNEL CA.

3 DENIKER, les Æaces et les peuples de la terre, pp. 211 et suiv.

3 DE MORGAN, Recherches sur les origines de l'Égypte, XL, p. 59.

Ornements du corps.

Coquilles.

Perles.

Pendeloques

Je me contenterai de citer les merveilleux bijoux découverts à Dahchour par M. de Morgan.

On a découvert dans les tombes d'époque primitive un grand nombre de perles dont les formes restent sensiblement les mêmes pendant toute la période préhistorique. Il n’en est pas de même des matières employées, et Petrie a pu en dresser une table chronologique assez détaillée ?.

FIG. 22. — PENDELOQUES Montrant l’imitation de griffes et de cornes, décorées de lignes incisées : > ou peintes.

Je serais assez porté à considérer comme des ornements de collier la plupart des objets en ivoire découverts dans les tombeaux et que Petrie regarde comme des instruments destinés à fermer les ouvertures des outres :

« Ce sont des sortes de pendeloques formées par l'extrémité coupée d'une côte d'animal ou d’une défense, percées souvent d’un trou au sommet, et par conséquent devant être portées la pointe en bas, munies dans leur partie la plus large d’une forte échancrure et couvertes de lignes brisées ou de dessins géométriques rudimentaires 5 (fig. 22).

1 DE MORGAN, Zouilles à Dahchour, mars-juin 1894. Vienne, 1895, pl. XXII et XXIV.

2 PETRIE, Diospolis parue, pl. AV-et p.27.

3 DE MORGAN, Xecherches sur les Origines de l'Égypte, IT, p. 62-63.

Certaines de ces pendeloques sont en pierre, d’autres sont creuses et ont pu servir de vases.

À la partie supérieure de la plupart d’entre elles on remarque un retrécissement destiné à les fixer au moyen d’un lien passant également dans le trou qu'on y trouve fréquemment percé. Des traces nombreuses de cuir en cet endroit ont été relevées ’.

Nous aurons l’occasion de revenir plus en détail sur ces pendeloques, en traitant de l’art ornementaire. Notons cependant qu’un certain nombre de ces ornements affectent la forme de cornes ou de griffes et ne sont que la copie stylisée d’ornements encore plus rudimentaires. Nous pouvons y comparer les colliers des Boschimans, « des cordons faits de tendons et peints d’ocre rouge, auxquels sont suspendus des coquillages, des dents, des griffes, des carapaces de tortue, des cornes d’antilope et autres objets servant en partie de récipients pour le tabac et les onguents, en partie d’amulettes et, pour la plupart, d'objets de parure » ?.

J'ai à peine besoin de remarquer combien l'usage des perles et des pendeloques était fréquent dans l'Égypte pharaonique, et des collections comme celle réunie par Petrie à l'University College de Londres sont des plus instructives à cet égard. Cette richesse d’ornements de collier: oiseaux, griffes, coquilles, amulettes diverses, est bonne à noter, car on en relève rarement des traces sur les monuments figurés. On n’est pas toujours autorisé à se baser uniquement sur l'absence d'un objet sur les monuments figurés égyptiens pour en nier l'usage.

Les perles et autres pendeloques servaient aussi bien à décorer les ceintures, les bracelets et les anneaux de jambes que les colliers, et les bijoux découverts par Petrie dans la tombe du roi Zer, de la F° dynastie, nous permettent d'apprécier l'excellente façon dont on était parvenu, à cette époque, à grouper ces différents éléments pour arriver à des résultats vraiment étonnants. La perfection de ces bijoux est telle que, comme le remarque Petrie, à l'exception des perles en or massif, il n’y a aucune perle d’un des bracelets qui pourrait être échangée avec l’une quelconque d’un autre bracelet sans en détruire complètement l’heureuse harmonie *.

* PETRIE, Nagada, pp. 46-47, pl. LIX-LxIV. Diospolis parva, p. 21 et pl. ui. ? GROSSE, les Débuts de l'Art, p. 68.

3 PETRIE, he Royal Tombs of the earliest dynasties, IL, pl. 1 et pp. 16-10.

Bracelets.

Mais à côté des bracelets constitués de pièces détachées, il faut noter les simples anneaux de matières diverses. On en a retrouvé enivoire, en os, en coquillé, en cuivre, en silex, en pierres dures,

ÉULOUS L'usage n’en a pas disparu aux époques historiques, et les tombes

de la Ir dynastie, à Abydos, ont livré des débris d’une 1infinité de bracelets en ivoire, en corne, en coquille, en schiste et en Dierre À:

FiG. 23. — BRACELETS EN Os ET EN ÎVOIRE

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