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FIG. 20. — STATUETTE DE LA COLLECTION MAC GREGOR

Avec sac pour la chevelure et la barbe, et fourreau pour les parties génitales.

Il faut cependant que nous nous arrêtions ici un instant à l'examen d'une curieuse statuette de la collection Mac Gregor ! (fig. 20), où les cheveux, ainsi que la barbe, sont enveloppés dans une espèce de sac qui les cache complètement. Si ce n’est pas là, comme le suggère M. Naville, «une représentation conventionnelle ou enfantine de la chevelure » on pourrait y retrouver quelque chose d’apparenté aux coiffures royales de l'époque classique, auxquelles était assujettie au moyen de cordons une barbe postiche. Quel pouvait être le but de cette espèce de fourreau ? L'employait-

1 NAVILLE, Æigurines égyptiennes de l'époque archaïque, XX, dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, XXII, 1900, pl. vi et p. 68.

on dans un but de pureté, par exemple dans des cérémonies religieuses ? La coutume des prêtres égyptiens qui se rasaient entièrement ne serait-elle pas simplement un système tout à fait radical d'éviter toute souillure dérivant des cheveux et de la barbe ! ? Ce n’est là évidemment qu'une simple hypothèse, signalée en passant, et sur laquelle je ne veux pas insister davantage ?. On pourrait y comparer le padän de la religion mazdéenne *, ou bien encore la coutume des Juifs de se cacher la barbe en signe de deuil *.

Une petite série d'objets intéressants nous apprend que l'usage de se couvrir le bas de la figure au moyen d'un voile était déjà connu dans la seconde moitié des temps primitifs (dates de succession 50-61).

Ce sont de petits objets en coquille, en calcaire, plus rarement en cuivre, et que l’on suspendait devant le front; à la base, un crochet soutenait un voile, comme l’a conjecturé Petrie. Un de ces peudants a été découvert encore en place sur un crâne et montre clairement la façon de le porter. Un spécimen décoré de lignes imitant la vannerie démontrerait que l’on faisait ces pendants en fibres tressées et cela expliquerait leur rareté dans les tombes. Seuls ceux en matières plus résistantes auraient été conservés (fig. 21). D'autres spécimens n'ont pas de crochet à la partie inférieure et sont donc seulement des ornements portés sur le front;

1 On pourrait rapprocher cela de l’habitude de nos modernes chirurgiens qui se couvrent parfois les cheveux et la barbe pendant les opérations afin d'éviter pour le malade une chance quelconque d'infection.

? Au sujet du port de la barbe naturelle ou postiche dans l Égypte pharaonique, voir ERMAN, Ægyplen und ägyptisches Leben im Altertum, surtout pp. 309-311, etles divers passages cités à l’Index s. v. Bart.— Le motif donné par MoRET, Coup d'œil sur l'Égypte primitive, p. 5, du port des perruques et de la barbe postiche ne me paraît pas fondé.

3 Dans la religion mazdéenne l’officiant a la partie inférieure du visage couverte d’un voile, le padän (av. paitidâna) qui empêche son haleine de souiller le feu sacré et les mains couvertes de a — Cf. DARMESTETER, Zend Avesta, 1, p. Lx. — Il porte aussi le padân en mangeant pour ne pas souiller les aliments qu'il avale d’un coup entre deux reprises d’haleine. Zëd., IT, p. 214, n° 31. — Le padân était porté par les mages de la Cappadoce, à l’époque de Strabon (d'Auguste), XV, 733 © nudoas mlaoräs xaÿetxvias ÉxATÉOHUEY uéyor toù xakbmrew va Xelin vès maoayradidas. (Note communiquée par M. Franz Cumont.)

4 BENZINGER, Zebräische Archäologie (Grundriss der theologischen Wissenschaften, Zweite Reihe, Erster Band). Freiburg i. B. et Leipzig, 1894, p. 165.

Voile.

deux, appartenant à la collection Petrie, sont en forme de femmes. Il se pourrait que ces pendants et le voile devant la figure aient été portés aussi bien par les hommes que par les femmes et peut-

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