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FIG. 27. — FIGURINES DE FEMMES

Elles sont vêtues de manteaux unis ou décorés. En dessous, fragments de cuir décorés de peintures.

Ces ornements représentent probablement des broderies, comme le démontre la statuette en ivoire d’un roi de la Ir dynastie décou-

l PETRIE, Nagada, pl. LXIV, 104, et p. 48. Voir aussi PETRIE, fe Royal Tombs of the earliest dynasties, I, pl. IV, 3, 4 ets.

verte par Petrie à Abydos et dont on trouvera plus loin des reproductions ?.

Mentionnons enfin une petite figurine de femme étroitement enveloppée dans un manteau, découverte par Petrie à Abydos et datant des débuts de la ["° dynastie *.

Le grand manteau s’attachait au moyen de glands dont Petrie a découvert des exemplaires en faïence émaillée dans le /emenos du temple d'Osiris à Abydos *.

Nous sommes arrivés ainsi à la fin de notre étude de la parure chez les primitifs égyptiens, cette manifestation première et en même temps si riche du sentiment esthétique.

La conclusion à tirer immédiatement de cette recherche est qu'il n’est pas possible de constater, au moins dans cet ordre d'idées, de changements brusques et radicaux au début de la période pharaonique et qu’il n'y a pas contradiction flagrante entre les usages des primitifs et ceux que nous trouvons sous l’ancien empire égyptien. Voyons si nous pourrons maintenir cette conclusion en nous attachant à l'examen de l’art ornementaire.

1 PETRIE, Aôydos, IL, pl. 11 et xI1, et p. 24.

2 PETRIE, 4e Royal Tombs of the earliest dynasties, IL, pl. 111 À, 8, et p. 21.

8 PeTRIE, Abydos, Il, pl. 1 et VIT, 141-143 et p. 26.

Au sujet des vêtements primitifs comparés à ceux des monuments égyptiens de l’ancien empire, je crois utile de noter une remarque de Petrie. Après avoir décrit les vêtements découverts dans les tombes de la Ve dynastie à Deshasheh, il ajoute : « It is remarkable that not one dress was found of the form shown on the monuments, with shoulderstraps ; but the actual form seems to have been developed out of that by extension of the shoulder-straps along the arms. Hence the monumental dress must have been only an artistic survival in the Old Kingdom ». PETRIE, Deshasheh, Londres, 1898, p. 31.

CHÉPIARRE NE

L’Art ornementaire et décoratif.

À question des débuts de l’art ornementaire ou décoratif est une des plus difficiles à résoudre et, en même temps, une de celles à laquelle il semble que les critiques d’art se soient le moins attachés !. Depuis quelques années, cependant, les ethnographes ont apporté de nombreux

éléments qui permettent d’entrevoir une solution. Suivons donc les voies tracées et voyons quels sont les résultats qui paraissent le plus solidement acquis :

« Le trait caractéristique de l’art décoratif des peuples primitifs, dit Deniker, est celui-ci : Tous les motifs sont inspirés par des objets réels ; il n’y a pas de traits purement et volontairement ornementaux ni, à plus forte raison, de figures géométriques comme On à cru jusqu à ces derniers temps. Toutes les prétendues figures de ce genre sont des dessins simplifiés d'animaux, et des objets, etc. Les motifs les plus fréquents sont inspirés ‘par les animaux (motifs zoomorphes), par la figure humaine (motifs anthropomor- Phes), quelquefois par les objets fabriqués (skeïomorphes) ; ceux qui sont tirés des plantes (Hhifomorphes) sont excessivement rares... Souvent l’objet entier se transforme en ornement et devient impropre à l'usage auquel il a été destiné... Il est intéressant de

1 I1 faut néanmoins citer deux ouvrages importants sur la matière : SEMPER, der Stil in den technischen und tektonischen Künsten. München, 1878-1879, 2 vol., et RIiEGr, Slfragen. Grundlegungen su einer Geschichte der Ornamentik. Berlin, 1893.

Généralités»

Transformation d’un motifnaturel

en motif géométrique

noter que plus un peuple aime l’ornement, moins il est apte à faire du dessin proprement dit » !.

Voilà comment on décore les objets; pourquoi les décore-t-on ? Ceux qui se sont occupés du problème nous apprennent que l'on décore les objets et il faut ajouter le corps, pour des motifs divers : dans un but artistique, dans un but d’information, dans le but de se procurer du luxe ou le pouvoir, enfin dans un but religieux ou magique ?.

Voilà les principes établis; avant de passer à leur application chez les primitifs égyptiens, je crois qu’il est nécessaire, pour la clarté de l'exposé, d'entrer dans quelques détails complémentaires sur ces considérations générales et de donner quelques exemples qui en feront saisir plus aisément la portée.

Voyons, d’abord, comment une représentation graphique d’un animal peut se transformer en un motif géométrique ; cela nous permettra de découvrir les lois qui président à la stylisation des modèles naturels.

Un des exemples les plus intéressants à ce point de vue est fourni par l’importante étude de Holmes sur l’ancien art de la province de Chiriqui dans la Colombie *.

Le thème principal est l’alligator qui, de déformation en déformation, de simplification en simplification, finit par se transformer en une série de motifs géométriques absolument réguliers. La figure 28 montrera plus clairement que tous les commentaires les phases successives de cette transformation qui s'explique assez logiquement par deux grands principes qui dominent toute la question. Le premier est le principe desimplification en vertu duquel le primitif, comme l'enfant, cherche à donner aux animaux et aux choses qu’il représente une forme fixe et facilement reconnaissable se simplifiant de plus en plus — ne fut-ce que par la paresse du dessinateur — et s’éloignant, par conséquent, de plus en plus ‘du modèle primitif *.

1 DENIKER, 4s Races et les peuples de la terre. Paris, 1900, pp. 237-240.

2 HADDON, Zvolution in Art as illustrated by the Life-histories of designs. Londres, 1895, pp. 4 et 5, le tableau de la p. 8 et le développement des idées exposées pp. 4 et 5 dans les pp. 200-306.

3 Hozmes, W. H., Ancient Art of the province of Chiriqui, Colombia, dans le Sixth Annual Report of the Bureau of Ethnology, 1884-85. Washington, 1888.

Je cite le travail d’après le livre de Haddon mentionné à la note précédente. 4 GROSSE, les Débuts de l'art, pp. 107 et 119.

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- Le second principe, qui s’unit étroitement au précédent, est le principe de l’ordre rythmique qui, comme le dit Grosse, « domine l’art des peuples les moins civilisés de la même façon que celui des nations les plus avancées». « Nous pouvons donc dire, continue le même auteur, que le rythme produit partout le même plaisir à

1 Il

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