FIG. 14. — STATUETTE EN IVOIRE
Représente un captif accroupi. La coiffure consiste en une épaisse tresse pendant sur le dos.
la voyons représentée sur les monuments du second empire thébain, elle a généralement perdu sa forme originelle et s’est transformée en un bandeau à franges pendant sur l'oreille ?
1 QUIBELL, Æicraconpolis, 1, pl. x1 et xxvI a, et PETRIE, Royal tombs of the earliest Dynasties, II, Div 4e
* Pour les types de perruques de l’ancien empire, voir ERMAN, Aegypien und agyptische Leben im Altertum, pp. 302 à 304. Pour la tresse de l’enfance et des
} princes, #bid., pp. 117, 235, 314, reproduction de la tresse transformée en un
bandeau orné. C’est là un intéressant exemple des lois de l’évolution du vêtement exposées par DARWIN, GEORGE-H., / Évolution dans le vélement, dans la Revue de l'Université de Bruxelles, V, 1899-1900, pp. 385-411 (ill.) (Tirage à
| part. Bruxelles, Lamertin).
Les statuettes féminines les plus anciennes n’ont pas trace d’une perruque quelconque et on dirait même que la tête est entièrement rasée. On peut se demander s’il n’y a pas là simplement de l'inexpérience de l'artiste qui n’a su comment rendre les cheveux !. Vers la fin de la période primitive, au contraire, nous voyons apparaître nettement deux espèces de perruques, une courte et une longue.
FiG. 15. — STATUETTE DE FEMME EN TERRE ÉMAILLÉE.
Découverte à Abydos.
Dans la première, les cheveux sont répartis de part et d'autre du front et s'arrêtent court au-dessus des épaules *.
La longue perruque est formée par de longues tresses de cheveux séparées par les épaules, de telle sorte que quelques mèches. pendent sur la poitrine jusque sur les seins #.
1 On verra tout à l'heure, en effet, que les peignes sont surtout fréquents à cette époque.
2 QuiseL, /lieraconpolis, 1, pl. IX. — PETRIE, he Royal Tombs of the earliest dynasties, II, pl. 111 a, 8.
3 QuiseLL, Æieraconpolis, 1, pl. 1x et x1. Voir plus loin les diverses figurines féminines où l’on trouvera des exemples assez nombreux des deux
Une statuette découverte l'hiver dernier à Abydos par le professeur Petrie montre une coiffure différente où les cheveux, réunis en une grosse natte, pendent sur l’omoplate droite ! (fig. 15).
On le voit, ce sont là, de nouveau, des coiffures identiques à celles en usage chez les femmes au début de l’ancien empire, telles qu’elles sont représentées, par exemple, sur les statues célèbres de Nofrit, au Caire, et de Nesa, au Louvre ?.
FiG. 16. — ŒUurFs D'AUTRUCHE.
Fragment avec figures incisées, modèles en terre avec traces de peinture. Provenant de Négadah et de Hou.
De même que les sauvages actuels aiment à orner leur coiffure de divers objets mobiles, plumes, coquillages, peignes et épingles
espèces de perruques. Il se peut qu’un certain nombre d’anneaux que l’on classe parmi les bracelets aient été employés pour maintenir les boucles de la chevelure, comme on les trouve en usage en Grèce (tettiges) et dans les tombeaux puniques. — Voir GSELL, Fouilles de Gouraya. Sépultures puniques de la côte algérienne (Publications de l'Association historique de l’Afrique du Nord). Paris, Leroux, 1903, p. 39.
l PETRIE, Aôydos, II, pl. IV et p. 25.
2 Voir ERMAN, Ægypten und ägyptisches Leben im Altertum, p. 307.
ouvragés, de même nous relevons cette coutume chez les primitifs
égyptiens.
Nous rencontrons d’abord les plumes, que les hommes se piquaient dans la chevelure, comme on le voit notamment sur un
fragment de palette en schiste du Musée du Louvre .
Les plumes employées à cet usage sont les plumes d’autruche, et on pourrait se demander s'il n'y avait pas une signification religieuse dans le fait de s’en parer. La plume se retrouve, en effet, plus tard dans la coiffure de la déesse Maat dont elle sert parfois à écrire le nom qui dans les textes des pyramides est déterminé par
un faucon portant la plume sur la tête *.
Sur les anciennes statues découvertes par Petrie à Coptos, l'emblème du dieu Min est aussi surmonté d’une plume d’autruche *. Je noterai ici en passant la découverte d'œufs d’autruche portant des traces de peinture et de gravures dans des tombes préhistoriques (fig. 16). L'usage de déposer ces œufs dans les tombeaux a été plusieurs fois noté à diverses époques de l’histoire égyptienne *.
1 HEUZEY, Égypte ou Chaldée, dans les Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles lettres, 1899, pl. de la p. 66. Voir plus loin notre fig. 25.
2 GRIFFITH, dans DAVIES, 1e Mastaba of Ptahheteh and Akhethetehp at Saggarer, 1, D. 015:
# PETRIE, Xoptos, pl. 11.
4 pe MORGAN, Recherches sur les origines de l'Égypte, IL App. 25, Comet 00: — PETRIE, Magada, p. 19 (tombe 4) et p. 28 (tombe 1480). (Ashmolean Museum, à Oxford.) — On importait, à l’époque historique, les œufs et les plumes d’autruche du pays de Punt et peut-être aussi de l'Asie, s’il faut en croire une représentation du tombeau d'Harmhabi. — Voir BourIANT, le Tombeau d'Harmhabi, dansles Mémoires de la Mission archéologique française du Caire, V, pp. 420 et 422 et pl. ir et 1V. — Rappelons la découverte d'œufs peints dans les tombeaux puniques de Carthage (GSELL, Fouilles de Gouraya. Paris, 1903, pp. 35-37, Où l’auteur se demande si les œufs d’autruche n'ont pas été décorés par des Grecs d'Égypte ou d'Asie mineure), et même dans un tombeau de la vallée du Bétis, en Espagne (Anthropologie, XI, 1900, P. 109) Voir aussi PETRIE, WVaukratis, 1, p. 14 et pl. xx, 15. — Remarquons, cependant, qu’on employait l’œuf d’autruche à des usages industriels. — Voir TYLOR- GRIFFITH, the Tomb of Paheri at El Kab, pl. iv et p. 18. — PETRIE, ///ahun, Kahun and Gurob, pl. xxn1 et p. 19.— PETRIE, Xakun, Gurob and Hawara, p.32.
M. J.-L. Myres me communique l’intéressante note suivante relative à la persistance du commerce des œufs d’autruche dans le nord de l’Afrique : « The transsaharan trade in ostrich eggs persists. The eggs, as far as I could ascertain in Tunis and Tripoli (in 1897) come viâ Kano, along with the consignments Of feathers, and emerge at the Mediterranean seaboard termini: where they are in request as pendant ornaments in the mosques ».
AT
Petrie a découvert à Hou des modèles en terre d'œufs d’autruche ; l’un d'eux décoré de lignes noires en zigzag imitant des cordes !, les autres simplement ornés de points blancs ? (fig. 16).
La plume d’autruche se trouvait presque sans exception placée dans la coiffure des soldats armés à la légère, aux anciennes épo-
ques, et le signe hiéroglyphique