‹ Les débuts de l'art en ÉgypteChapitre 60 sur 107 · FIG. 117. — STATUETTES DE FEMMES EN IVOIRE · texte numérisé non relu

FIG. 117. — STATUETTES DE FEMMES EN IVOIRE

Collection Mac Gregor.

semble soutenir ses seins. Une statuette a les deux mains jointes sur la poitrine, d’autres ont une des mains placée sur le ventre, la seconde cachant les parties génitales. La plupart ont la tête rasée ; quelques-unes, cependant, portent la longue perruque dont deux mèches pendent sur la poitrine, encadrant le visage. Sur certains spécimens, les poils du pubis sont naïvement indiqués par une série de trous disposés en éventail. Les yeux sont parfois gravés, parfois incrustés; dans ce cas, on a employé, pour les représenter, des perles rondes en os ! (fig. 116 et 117).

1 British Museum, 32125, 32139, 32140, 32141, 32142. — BUDGE, story of Egypt, 1, p. 52. — University College de Londres, voir notre fig. 116. — Collection Mac GREGOR : NAVILLE, l'igurines égyptiennes de l'époque archaïque, II, dans le Xecueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyftiennes et assyriennes, XXII, 1900, pl. 1v, dont notre fig. 117 est la reproduction.

Parmi ces dernières statuettes, quelques-unes sont terminées par un tenon, ayant servi à les fixer dans une base, et qui est semblable à celui de quelques ivoires de Hiéraconpolis dont nous nous occuperons.

Le British Museum (n° 32143) possède une statuette représen=" tant une femme debout, vêtue d'un grand manteau, à bord supérieur effrangé, laissant à découvert le sein gauche, et portant sur l'épaule un enfant dont le corps est caché sous les plis du manteau! (fig.118).

À Hiéraconpolis, nous retrouvons les mêmes représentations féminines et, grâce à elles, nous pouvons considérer les figurines, décrites dans les lignes précédentes et sans provenance certaine, comme

Fic.118. — STATUEITE DE FEMME appartenant à une époque

PORTANT UN ENFANT SUR L'ÉPAULE. antérieure de peu aux débuts

British Museum, à Londres. de la [r° dynastie. Il y a, en

effet, progrès d’un groupe à

l’autre, et, si la pose et la coiffure sont identiques, on sent déjà

chez l'artiste le sentiment de l’individualité du type qui fait com-

plètement défaut dans les figurines plus anciennes. Bon nombre de ces statuettes ont, comme les précédentes, les yeux incrustés.

Je ne puis songer à décrire toutes ces sculptures. Elles présentent, du reste, peu de variété. J’ai réuni, dans les figures 119 et 120, les meilleurs ivoires trouvés à Hiéraconpolis et conservés à l'Ashmolean Museum, à Oxford. J’attirerai cependant l'attention sur les figurines enveloppées dans un grand manteau et dont nous nous sommes occupés déjà précédemment. À remarquer également deux petites statuettes posées sur des bases ?, identiques, comme style, à une statuette en ivoire découverte, pendant l'hiver 1902-

1 BUDGE, istory of Egypt, 1, p. 53, n° 7.

2 Pour les ivoires de Hiéraconpolis, voir QuiBELL, Æierakonpolis, T, pl. 1x ELEXS

some tonton Sn nent

1903, à Abydos, et datant de la I dynastie égyptienne. Ce sont des figurines d'enfants d'un style excellent, qui n’a rien de conventonnelNh(ie Pro, n-r6rebz2ret 9 120 n°2).

Les mêmes fouilles d'Abydos ont donné quelques autres figurines d'enfants ayant un doigt à la bouche, pose traditionnelle ? qui nous était déjà connue par une figurine en chrysocolle, découverte à Hiéraconpolis #. Également d'Abydos, deux statuettes de femmes en ivoire, dont l’une a de grandes affinités avec les figurines de Hiéraconpolis * (fig. 176, Ab. 5), tandis que l’autre, de l'avis de M. Petrie, se rapproche davantage de l’art formaliste de l'Ancien Empire °.

Quelques autres figurines sont sans importance, sauf quelques spécimens en terre et en terre émaillée f et surtout la jolie statuette en terre émaillée, reproduite à propos de la coiffure (fig. 15).

Enfin, pour terminer cette revue des représentations féminines, nous citerons une curieuse statuette en lapis-lazuli découverte à Hiéraconpolis. La position des mains, le peu d'épaisseur du corps, le fléchissement des jambes, tout rappelle étonnamment les figurines des îles grecques ? (fig. 121).

J'a1, intentionnellement, omis de parler d’une catégorie de figurines d'hommes et de femmes, parce. qu'elles représentent des déformations anatomiques qui font songer au rachitisme. Quelques spécimens curieux ont été publiés. Immédiatement, on en a rapproché les représentations de « Ptah embryon » de l’époque historique *. Deux exemplaires en ivoire se trouvent dans la collec-

IWPErRIE, A2ya0s, I pl 11, 1 ét .p.22:

2HPriRrE, 4040511, plsn,-5set 8 pltrr, 18;

$ QUIBELL, Æierakonpols, I, pl. XVII, 4.

# PETRIE, Aôydos, Il, pl. ui, 5 et p. 24. Il en est de même pour les statuettes de femmes découvertes dans les tombes royales à Abydos. PETRIE, Æoyal Tombs, IT, pl. 1x a, 8, et p. 21. — AMELINEAU, les Nouvelles Fouilles d'Abydos, 1895-1896. Compte rendu ix extenso. Paris, 1899, pl. XxxI.

$ PeTRIE, Aôydos, II, pl. 1x, 2, et pp. 23-24.

SYPETRIE, A0ÿdos, I, pl. 1x) 2847 XI, 220:

MOUIBELE, Ærrerahonpols M1 pl-xVrn, 03, eb p. 7 1 pr38:

8 NAVILLE, Figures égyptiennes de l'époque archaïque, 1], dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, XXII, 1900, pl. v. — BUDGE, Æistory of Egypt, p. 52, 2. — QUuIBELL, Hierakonpolis, LE, plxx et xVuI, 7et 195 et p: 7; [l, pp. 37-38.—Puerrre, Aôydos, Il, pl. v, 44 CAO ET 213 EtÉDp 25 1et2/7

% Voir VIRCHOW, die Phokomelen und das Bürenweib, dans les Verhandlungen

Nains.

“PIOJXO & ‘WNOSNIN UE9[OLUUSY

"SIIOANOOVAAIH V SHLAHANOOHU HAIOAI NH SHLLHNLVES — ‘6II "JT

‘PIOJXO & “Wn9SnJU UP9[OWIUSY "STIOŒNOOVAYHIH V SHLAHANOOHA HAIOAI NA SHLLANLVLS — ‘OZI DIHA

Captifs.

tion Petrie à l’University College de Londres. Nous aurons l’occasion, plus tard, de rechercher quelle était la signification de ces figures difformes et pour quelle raison elles furent déposées dans les tombeaux et dans les temples (fig. 122).

Il faut également classer dans une catégorie spéciale les statuettes représentant des personnages accroupis, ou dans des poses souvent invraisemblables. Tel est le cas de certaines figures d'hommes représentés debout ! ou agenouillés les bras liés derrière le dos. Il semble que ce soient des captifs. Un spécimen en ivoire, fort instructif à cet égard, se trouve à l’Ashmolean Museum, à

Fic. 121. Oxford, et a été rapporté d'Égypte, en I891, par FIGURINE EN Greville-Chester (159-901). La provenance indiquée LAPIS-LAZULI est Thèbes. L'intérêt principal de cet objet réside

DÉCOUVERTE A dans la lanière de cuir, bien conservée, repré- HIÉRACONPOLIS.

sentant les liens étroitement serrés qui mainte- Ashmolean ns nr ce nie Dan Muscum, à Oxford, aient lécaptñdans ça position accroupie. toutes les autres pièces, ce lien en cuir à disparu; mais cet exemple nous montre comment il convient d'interpréter les statuettes analogues (type de notre fig. 119, n° 19).

Les ivoires de Hiéraconpolis nous donnent quelques exemplaires de ces captifs, les bras liés derrière le dos ? (fig. 14). Des objets de même type se retrouvent, mais en faïence émaillée, à Hiéraconpolis et à Abydos ?. Citons encore une petite figurine, fort remar-

der berl. Gesellschaft für Anthropologie, Ethnologie und Urgeschichte, 1898, pp. 55-61 avec fig. et pl. Dr PARROT, sur l'Origine d’une des formes du dieu Ptah, dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, IT, 1880, pp. 129-133 et pl. (Reproduit d’après les PBulletins de la Société d'anthropologie de Paris, 1878, p. 296). — D" EtFER, /Achondroplasie, dans le Correspondant médical, VI, n° 120, 15 septembre 1899. — Voir SCHWEINFURTH, &ber westafrtkanische Figuren aus Talkschiefer, dans les Verhandlungen der berl. Gesellschaft fir Anthropologie, Ethnologie und Urgeschichte, 1901, pp. (329)-(330) et fig.

1 SCHAEFER, neue Altertiümer der « new race» aus Negadah, dans la Zeitschrift für ägyptische Sprache, XXXIV, 1896, p. 150, et fig. 3, p. 160.

3 QuiBELL, /Zierakonpolis, 1, pl. xI et xu1.

3 QUIBELL, /Zierakonpolis, 1, pl. XXI, 2 et 3, XXII, 3. — PETRIE, Aôbydos, II, DL, A7 Cijde 26:

quable, de l’University College de Londres, en calcaire compact rouge, dont les yeux sont en cristal deroche. Un autre fragment de cristal est incrusté au sommet de la tête !.

Les monuments de la I"° dynastie où se retrouvent des scènes

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