‹ Les débuts de la Révolution à Bordeaux: d'après les Tablettes manuscrites de Pierre BernadauChapitre 38 sur 47 · Marguerite Elie Guadet (1758-1794), le futur girondin · texte numérisé non relu

Marguerite Elie Guadet (1758-1794), le futur girondin

LA PRÉPARATION DES ÉTATS GÉNÉRAUX 67 le relevé exact de Lout ce qui est dans les greniers de leur Juridicüon, sous peine d'amende el de punition. Les négociants ont fort crié contre cel arrêt qui leur semble gêner le commerce. Egoiïstes qui ne voient qu'eux dans le monde et qui consenliraient à affamer leurs concitoyens pour s'enrichir.

Avant de se séparer, le Tiers Élal a fail une bourse pour ses députés auxquels il passe un louis par jour etles frais de voyage.

9 mai. — Émeute à, Poudensac !, attendu la cherté du blé et la mauvaise qualité du pain. Il est à craindre que la contagion ne se répande de proche en proche. D'ailleurs, l'insolence du Tiers État est de toutes parts on ne peut pas plus exaltée.

13 mai. — Des paysans, sous prétexte de la diselte des grains, se sont atiroupés hier dans le Blayais où ils ont commis beaucoup d'excès. On en a arrêté 16. Il y a eu une pareille révolte dans le Monferrand, mais les malfaiteurs ont été bientôt dispersés par le guel à cheval qu'on a envoyé à leurs trousses. Il est à craindre que l'épidémie ne se propage.

14 mai. — Nous apprenons par le journal que les négociants de Bordeaux viennent de former une Caisse de secours pour prêter sans intérêt aux, Communautés et Corporations de la province dépourvues de blé. Tous les bons citoyens sont invités à concourir à cette bonne œuvre dont M. de Fumel a fourni l'idée el une parlie des fonds? |

17 mai. — A la foire d'hier qui devenait un prétexte d’attroupement, il ne s'y passa aucune chose remarquable. Les deux guets S'y promenèrent sans obstacle. Un détachement des compagnies bourgeoises montait la garde près du magasin à poudre. La moitié de la garnison fut sous les armes sur le glacis du Château- Trompette. Il y a plus, le commandant a fait sortir des casernes de Libourne une centaine de cavaliers de Royal-Pologne, dont moitié est logée à Lormont, moitié dans Bruges et le Bouscat. Tout cela pourra intimider les mutins, non leur procurer du pain, dont on trouve à peine dans nos campagnes, de mauvaise qualité. Il y a

du monopole.

Page 1