‹ Les débuts de la Révolution en Provence, 24 janvier, 1789-30 september, 1791Chapitre 140 sur 155 · LE TIERS-ÉTAT VEUT GOUVERNER SEUL · texte numérisé non relu

LE TIERS-ÉTAT VEUT GOUVERNER SEUL

tous la venue d'André, nommé commissaire royal, touche de bien près à la bassesse. Elle ose vanter les vertus de cet homme qui, au vu et su de tous, est le complice d'un concussionnaire.

Elle est simplement inconsciente. Soumise avec ceux-ci, jouant au plus fin parce qu'elle espère les duper, elle est hautaine avec les humbles qui Tout portée au pouvoir. A l'infatuation des nobles succède Tinfatuation bourgeoise. Ce qui s'est fait s'est fait parce que cela devait se faire. Les nobles ont cédé la place parce que c'était dans l'ordre. Vous auriez essayé de faire comprendre à ces Commissaires que le peuple était bien pour quelque chose dans leur victoire, que vous les auriez surpris. Pour eux, la vertu de la bourgeoisie a fait tout le miracle. Son bon droit était si évident que le peuple devait se faire tuer pour qu'il prévalût. Donc elle ne doit rien à la roture. Les mémoires que les représentants du Tiers ont adressés à l'Assemblée Nationale contre l'admission des paysans et des ouvriers dans les conseils généraux le prouvent jusqu'à l'évidence. Prenez encore les réponses qu'ils adressent aux communes relativement aux droits féodaux. Vous ne trouverez nulle part un avis ferme. Ils évitent soigneusement de se compromettre dans la crainte d'un retour offensif de l'ancien régime.

Devenus maîtres des Directoires de Départements et de districts, siégeant à la tête des tribunaux, ayant avec eux les trois évêques, ont-ils du moins modifié leur attitude ? Pas du tout. Les Commissaires des Communes sont partis, mais leur esprit a demeuré. Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi. Les élections faites sous la pression des commissaires royaux ont donné ce qu'elles devaient donner : des élus ayant presque tous un faux visage, se proclamant bien haut dévoués à la chose publique, mais rêvant moins le bonheur de tous que la satisfaction d'une caste, réfractaires avérés à toute idée de progrès, n'avançant qu'à regret sous l'aiguillon des sociétés qui les

- -r f >,2:res. de hiiix. est devenu

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e>:r:?unnux nouveaux : Vous vous trouvez en

jcs rr.êriies contrastes. 11 v a une démarcation

. . ..Lv .':i::e lesjuires : la sentence rendue par un juge

...\ V >: i\ir ceLi même suspecte au tribunal du district,

. ..c qw.o. en bas. c'est l'esprit libéral, bien qu'un peu

. c:i haut. l'esprit de réaction, d'autant plus

..:.vi:c .^uJ' ^•^t obligé de se dissimuler. Le résultat de

..i...i;o.».îsme sera terrible. Tandis que les municipalités

... ^..liulcs villes et les tribunaux de paix s'orientent de

... .a plus vers les idées nouvelles, Directoires de Dé-

... .w.iuiKs t't vie districts, juges des tribunaux supérieurs

.....;ù a aluM do l'avant. Hn 179^. tous les juges des Bou-

: .., au Kt\i'iu\ s.iut" deux, s'unirent à leurs collègues de

i.'Liiimwi u-udiioiit Li main aux Anglais.

Mali- K' U'Uies i-es lont.itives de résistance, malgré cette

^•..c duuMCie qui paralyse toutes les bonnes volontés,

..Il elle vil lit d'en haut et donne le pire exemple, deux

.ms après la Révolution, il y a quelque chose de changé

o--., ^nce. En 1781^, l'esprit public n'existe pas. En

l'bsprit public 889

1 79 1 , il faut compter avec lui. C'est l'œuvre des sociétés populaires, surtout des Antipolitiques. Grâce à elles, le peuple, qui a pour lui le nombre, est aujourd'hui conscient de sa force et de son droit. Elles ont préparé son avènement. Il reste à faire prévaloir ses idées dans les Directoires. Le succès n'est pas douteux, car la plupart de ceux qui vont siéger à l'Assemblée Législative se sont déjà réclamés d'elles.

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