‹ Les Débuts du Socialisme Marxiste en FranceChapitre 1 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'égalité n'a jamais existé sur terre, toujours il y à eu des riches et des pauvres, des maîtres et des esclaves et ces inégalités sociales et les souffrances humaines qui en découlent ont, de tout temps, inspiré des tentatives parfois généreuses, parfois intéressées, ayant pour but la réalisation d'une égalité absolue ou tout au moins la diminution de ces inégalités et de ces souffrances.

Mais si l'idéal poursuivi est toujours le même, les moyens pour y aboutir diffèrent profondément.

Les anarchistes voient dans l’organisation de l'Etat actuel la source de tous les maux, et commençant par tout détruire, prétendent sans s'occuper du lendemain, que l'absence de toute autorité et de toute propriété individuelle, aménera la prospérité et le bonheur universels.

Des rêveurs moins intransigeants proposent divers systèmes, et tout en maintenant à la tête un gouvernement parfois même tyrannique, voient dans la communauté des biens plus ou moins absolue, le remède aux souffrances humaines et la solution de la question sociale.

D'un côté nous voyons des utopistes comme Morus, Campanella, Cabet, bâtir des cités idéales, où l'égalité et le bonheur règneraient perpétuellement, mais ce ne sont là que des rêves qui ne reposent sur rien et qui ne peuvent devenir des réalités durables.

D'un autre côté des philosophes comme Fourier et Saint- Simon, bien que donnant à leurs théories communistes des bases scientifiques et historiques eurent, cependant, le tort de vouloir dresser le plan de sociétés futures, oubliant que l'étude du lent développement des Etats ne peut, seulement,

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que nous indiquer quelle sera vraisemblablement, leur évolution future, ne peut nous fournir que des probabilités et non des certitudes.

Le socialisme allemand ou socialisme marxiste repose lui aussi sur une base scientifique et historique et sans vouloir ni soutenir ni réfuter les idées de Karl Marx, il est incontestable que, bien loin de vouloir construire un système forcément utopique, il est le premier qui ait présenté le socialisme comme l'aboutissement nécessaire de notre évolution économique, et ait mis en lumière le rapport intime qui existe entre l’organisation d’une société et son développement économique.

Marx fut en effet, le premier, à avoir le sens de la « réalité » de l’histoire, ramenant tous les faits historiques à une cause écomomique ; et cette conception matérialiste de l'histoire, que l'on peut cependant ne pas considérer, dans toutes ses parties, comme un dogme irréfutable permit à Karl Marx d'élaborer une doctrine rigoureusement logique, et c'est à cette qualité qu'est due, eroyons-nous, l'influence prépondérante de ses idées sur le mouvement social actuel.

Nous voulons étudier ici l’histoire de l'introduction en France du socialisme marxiste après 1870.

La France avait été déjà agitée durant le cours du xIX° siècle par divers mouvements populaires, mais ce n'étaient là, que des tentatives isolées ne répondant pas à un plan d'ensemble, et ce n'étaient en somme que les premières escarmouches de la guerre méthodique et régulière, que le prolétariat veut aujourd'hui engager contre l’ordre capialiste. Bien souvent même, des émeutes que l’on qualifie de socialistes éclatèremt sans que leurs auteurs sussent, exactement le but qu'ils poursuivaient : des agitateurs populaires prêchaient la guerre civile, la haine du propriétaire et du riche, et la masse suivait, ignorant, d'ailleurs comme les promoteurs du mouvement eux-mêmes, où on voulait exactement les conduire.

Aujourd'hui les idées socialistes, semblent à peu près unifiées, et les divers congrès internationaux témoignent de la communion de doctrine qui existe entre les socialistes des différents pays : les divergences qui éclatent au sein du parti ne sont le plus souvent que de simples questions de personne et nous verrons des groupes socialistes s’excom-

RCE munier et se renier les uns les autres tout en professant une même et seule doctrine. ;

Ce sont les idées de Karl Marx qui forment, sans aucun doute, la base du catéchisme socialiste actuel : le socialisme est collectiviste et révolutionnaire et si nous ne voyons pas les chefs autorisés du parti prècher la révolution aussi ouvertement qu'autrefois, il ne faut voir dans ces réticences qu'une simple prudence politique.

Il nous a donc paru intéressant d'étudier comment fut introduit et comment se propagea en France le socialisme marxiste.

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