‹ Les décimes ecclésiastiques en Béarn, 1615-1690Chapitre 9 sur 19 · Bib. Nat., Dupuy, cit. !• 180 r», f · texte numérisé non relu

Bib. Nat., Dupuy, cit. !• 180 r», f

Jamais cependant nulle Commission n'a été nommée pour établir la taxe, « tailler » Timposition. Aussi la précédente Assemblée a déchargé ce diocèse jusqu'en Tannée 1603 incluse, à condition qu'il s'acquitterait ultérieurement de sa dette. Mais les temps ont été peu propices pour la religion catholique ; le Clergé doit travailler activement au relèvement de la foi et des édifices du culte, or, ses revenus sont médiocres ; il importerait d'exonérer le diocèse jusqu'en 1611.

L'Assemblée émit un avis favorable à cette demande, sous la condition expresse que la taxe due par le diocèse aux bénéficiers de France serait exactement déterminée.

A cette époque, le Clergé béarnais n'était pas encore représenté aux Assemblées générales de son ordre. Le 22 juin 1612, Arnaud I" de Maytie manifeste la prétention d'avoir voix aux réunions provinciales tenues à Auch et, en dépit de certaine opposition, les deux diocèses de Lescar et d'Oloron sont admis à la représentation par députés.

Le 7 juillet suivant il est rappelé que l'Assemblée précédente a ordonné de procéder à la taxe des bénéficiers situés en France, prenant dîme à Lescar ; le chapitre de la cathédrale, l'abbé de la Castelle, pour avoir leurs chefs-lieux dans l'ancien domaine de Béarn, les abbés de Pimbo, de Pontault et le chapitre de St-Girons s'y sont refusés ; il sera passé outre à leur résistance en surséant cependant au recouvrement de la taxe jusqu'à l'Assemblée suivante.

Le 27 juin 1615, les membres du Clergé se préoccupent du rétablissement du culte catholique en Béarn. Le 1" juillet, la reine donne audience à une délégation qui l'entretient de ce vœu. A la séance du 27 juillet. Potier, évêque de Beauvais, prononce une harangue intéressante. Il explique que les biens du Clergé possédés en Béarn par les réformés représentent environ une valeur de 80.000 1. Il conviendrait que le domaine royal en fit l'abandon au Clergé béarnais qui contribuerait à cette somme pour 10.0001. suivant la déclaration de Bullion*, Conseiller

1. — Claude de Bullion, marquis de Galardon, seigneur de Boinelles, surintendant des finances et ministre d'État sous Louis XIII (( mourut le 22 décembre 1640, dit Moréri, en réputation d'avoir été l'un des plus habiles ministres de son siècle ».

d'État, surintendant de la maison de Navarre et pays de Béarn, car il ne saurait s'imposer pour une somme plus forte à raison des ruines qu il a à relever. Celte proposition est adoptée.

Après les harangues de Simon de Marquemont, de Cospéan évêque d'Aire, de Gaspard Dinet évêque de Màcon, intervenait redit de mainlevée du 25 juin 1617 mettant fin à la question du rétablissement des catholiques dans leurs biens. Il fut suivi, le 28, d'une décision de l'Assemblée qui en était la rançon, car elle annexait le Béarn au département des décimes de France. L'édit de restitution était promulgué en décembre 1617 *.

L'évèque d'Oloron assistait à l'Assemblée de 1619, mais la question de la contribution du Clergé béarnais sera examinée dans la session de 1621 tenue à Bordeaux.

Il est constaté, le 3 juillet, que l'abbé d'Étampes* est allé en Béarn établir la taxe des bénéficiers : il lui a fallu, pendant près d'un an, parcourir la région, instituer des enquêtes, recevoir des témoignages par le moyen d'interprètes, ce qui a occasionné 12.200' de frais. L'état général des décimes monte à 21 .000 livres. Le 14 juillet il est rendu exécutoire.

Les bénéficiers adressent, le 2 août, une pétition au Clergé sollicitant une décharge complète. Le 13 août, Tévéque d'Orléans, Gabriel de l'Aubespine, demande audience à la Reine pour soutenir les prétentions du Corps qu'il représente contre les tendances de la Cour favorables aux Béarnais qui, par arrêt, sont condamnés à payer une somme de 12.000* avec arrérages. Le 6 septembre il reçoit la mission de porter le procès-verbal de TAssemblée non signé à Fontainebleau. Pendant ce temps, les évêques béarnais sollicitent, par requête du 8 septembre 1621, leur exonération entière, afin d'employer les fonds à la recons-

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