‹ Les découvreurs français du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 39 sur 61 · PET · texte numérisé non relu

PET

nt np ie gi <s

| # | 1) Relation du voyage, p. 5, 22, 35

— S — on

©) © an SR —— a =

rage

furent presque aussitôt assaillis par une violente tempête, qui les empêcha de voguer de conserve. Le 26 juillet seulement ils se retrouvaient au rendezvous assigné, sur les côtes de Terre-Neuve à l'ile des Oiseaux, aujourd’hui Funk Island.

Après avoir réparé leurs avaries, les trois navires se dirigèrent vers le continent. Cartier étudia avec le plus grand soin les diverses îles qui sont comme semées à l'embouchure du Saint-Laurent, entre autres l’île Anticosti, qu'il nomma île de l'Assomption. Ayant remarqué que les eaux douces ne se mélaient pas aux eaux salées, il en conclut qu’un fleuve immense se Jetait dans ce golfe. En effet les indigènes interrogés à ce sujet lui dirent qu'un cours d’eau gigantesque, que personne encore n'a-. vait remonté jusqu'à sa source, se Jjetait dans le golfe. Cartier nomma ce golfe le Saint-Laurent, ce qui, insensiblement, fit donner le même nom au fleuve qui s'y décharge. Toujours préoccupé par la pensée de trouver un passage entre les deux Océans, Cartier ne voulut pas s'engager dans la région baïgnée par ce fleuve sans avoir auparavant cherché s'il ne découvrirait pas quelque détroit. Dans son premier voyage il avait étudié la côte sud : il voulut cette fois explorer la côte nord; mais 1l renonça bientôt à cette idée malencontreuse, et revint au Saint-Laurent, qu'il se disposa à remonter.

Tous les indigènes que rencontrait Cartier lui parlaient avec admiration d’une cjté nommée Hoche-

laga, qui, paraît-il, était située dans l’intérieur du pays, et dont le souverain exerçait sur les tribus d'alentour une sorte de souveraineté. Pensant avec raison que, s'il parvenait à lier amitié avec le caci que d’'Hochelaga, il obtiendrait plus facilement la permission de fonder un établissement, et entrerait en relations régulières avec les indigènes, notre capitaine voulut aller à Hochelaga. C'était la tactique qui avait si bien réussi à Cortez, au début de son expédition : négliger les petits princes qu'il rencontrerait sur son chemin, et se rendre directement auprès du plus puissant personnage de la contrée. Les trois navires remontèrent donc le fleuve. Nous ne les suivrons pas dans toutes leurs haltes; nous ne décrirons pas toutes lesiîles qu'ils découvrirent, et . auxquelles, d'après l’usage constant des navigateurs, ils imposèrent des dénominations empruntées ou à la religion ou à la patrie absente. Une d’entre elles, l'île d'Orléans, a conservé le nom que lui donna Cartier. Près de cette île, à l'embouchure d'une rivière qu'il nomma Sainte-Croix à cause de la fête qu'on célébrait le même jour, 14 septembre, les sauvages d'une peuplade voisine, nommée Stadaconé, accoururent au nombre de plus de cinq cents, avec | leur chef, un certain Donnaconna. Ce dernier visita ; plusieurs fois Jacques Cartier et put même s’entretenir avec lui par l'intermédiaire des deux interprètes indigènes, que le capitaine avait ramenés de France avec lui. Donnaconna qui aurait voulu être

pl:

ana une ‘ête auné, vec ita rerède re

le seul à profiter des avantages qu'il se promettait du séjour des étrangers dans le pays, le combla de présents, mais en le suppliant de renoncer à ce projet d'aller à Hochelaga « parce que la riviere ne valloit riens. »

omme Cartier ne tenait aucun compte de cel avis intéressé, le cacique s’avisa d’un singulier stratagème. IT fit habiller trois de ses hommes en diables, avec des peaux de chien blanches et noires, et des cornes énormes. Ces prétendus messagers du grand Dieu, Cudragni, annoncèrent à Cartier, avec force contorsions et grimaces, que, s'il persistait à aller à Hochelaga, il s’en repentirait. « Il y avoit tant de glaces et de neiges qu'ilz mourroient tous. Desquelles parolles nous prinsmes tous à rire,

‘et leur dire que leur dieu Cudragny n'estoit que

ung sot, et qu'il ne scavoit qu'il disoit, et qu'ilz le disent à ses messagiers, et que Jesus les garderoit bien du froid s’ilz luy vouloient croire. » Donnaconna prit alors le parti de défendre aux deux sauvages venus de France d'accompagner Cartier dans son voyage, bien que ce dernier assurât qu’il ne ferait que voir Hochelaga, et reviendrait aussitôt.

Fatigué par ces mesquines intrigues, dont il comprenait très bien la portée, Cartier se décida à passer outre. Il laissa en rivière ses deux plus gros vaisseaux, la Grande et la Petite Hermine, et, le 19 septembre, partit sur l’Émérillon avec tous les gentilshommes volontaires, cinquante mariniers et

M PQ Te OT MER BES EE A

Page 1