‹ Les découvreurs français du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 40 sur 61 · DE EE · texte numérisé non relu

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deux barques. Du 19 au 28 septembre l’Émérillon “ et les deux barques remontèrent paisiblement le fleuve, « durand lequel temps avons veu et trouvé d'aussi beau pays et terres aussi unyes que l’on scauroit desirer, plaine comme dict est des beaulx arbres du monde, scavoir chesnes, hormes, noyers, cedres, pruches, fresnes, briez, saudres, oziers et force vignes, lesquelles avoient si grand habondance de raisins que les compagnons en venoient chargez à bort. Il y a seulement force grues, signes, oultardes, oyes, cannes, allouettes, faisans, perdrix, merles, mauvis, teurtres, chardonnereulx, serins, roussignolz, passes solitaires, et autres oyseaulx, comme en France, et en grand habondance. » Cartier et ses compagnons croyaient naviguer sur un des fleuves du pays natal. Malgré les sinistres prédictions de Donnaconna, la température se soutenait, et rien ne semblait indiquer un changement de climat. La navigation était facile et même agréable. Le Saint-Laurent est en effet | navigable pour les plus grands vaisseaux jusqu’à Québec, à 150 lieues de son embouchure, navigable | pour les navires qui jaugent 600 tonneaux jusqu’à

» 1] | Montréal à 60 autres lieues, et sur presque tout

à + son cours, il peut être sillonné par des bateaux à va-

\ A peurs ou par des bâtiments de 200 à 300 tonneaux.

| Ë Le flux de la mer est sensible jusqu'aux Trois Ri-

4 FA vières, à trente lieues au-dessus de Québec. Dans

à ce port les marées s'élèvent à un maximum de sept FA

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mètres el à une élévation moyenne de quatre mètres. Rien donc n'arrêtait nos explorateurs, et, comme tous les indigènes qu'ils interrogeaient sur leur passage leur parlaient du voisinage de plus en plus immédiat de Hochelaga, la pensée de visiter bientôt cette capitale les transportait d'aise.

Un jour pourtant Cartier éprouva une contrariété. Il était parvenu à la partie du fleuve qu'on appelle le lac Saint-Pierre, à cause de l'énorme écartement de ses rives. Deux chenaux conduisent à ce lac l'un, le chenal du nord, qui est embarrassé par de nombreuses cascades, et l’autre, le chenal du midi, qui est la véritable route. Cartier, qui n’était guidé par personne, s’engagea au hasard dans le chenal du nord et se vit bientôt arrêté par les cascades. Ne voulant pas revenir sur ses pas, il abandonna l'Émérillon, ou du moins le confia à un de ses officiers pour le reconduire à Stadaconé, et, avec les deux barques qu'il chargea de vivres et de munitions, continua sa marche en avant. Chemin faisant les Français rencontrèrent des sauvages qui leur apportèrent du poisson et d'autres vivres, témoignant par leurs danses la joie qu'ils éprouvaient de la venue des étrangers. Cartier, pour les attirer et les retenir, leur distribuait de petits couteaux, des miroirs, des chapelets, qui, par leur nouveauté, causaient à ces barbares une véritable satisfaction. Il les interrogeait anxieusement sur les ressources et les productions de la contrée, et enregis-

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