‹ Les décrets du Vatican considérés dans leur influence sur la loyauté civileChapitre 9 sur 10 · Prœter potestatem episcopatui inhaerentem, alia est · texte numérisé non relu

Prœter potestatem episcopatui inhaerentem, alia est

•^ attributa temporalis potestas a civili imperio vel expresse " vel tacite concessa, revocanda propterea, cum libuerit, a '» civili imperio. « {Ibid, xxv.)

8. En dehors du pouvoir inhérent à Tépiscopat, il y a une autorité temporelle qui lui a été concédée expressément ou tacitement parle pouvoir civil et que ce même pouvoir peut conséquemment révoquer à sa volonté.

9. ** Ëcclesise et personarum ecclesiasticarum immunitas " a jure civili ortum habuit. « {Ibid. xxx.)

9. Les immunités de TÉglise et des personnes ecclésiastiques dérivent leur origine de la loi civile.

1,0. ** In conflictu legum utruisque potestatis, jus civile ^ praevalet. » {Ibid. xlii.)

10. En cas de conflit de lois entre les deux pouvoirs, la loi civile doit prévaloir.

11. « Catholicis viris probari potest ea juventutis " instituendae ratio , quae sit a Catholicâ flde et ab " Ecclesiae potestate sejuncta, quaeque rerum dumtaxat, ^ naturalium scientiam ac terrenae socialis vitae fines tan- " tummodo vel saltem primarium spectet. " {Ibid. xlviii.)

11. Les catholiques peuvent approuver un système d'éducation séparée de la foi catholique et de lautorité de T Église et ayant pour objet principal sinon exclusif la connaissance des choses purement naturelles et la vie sociale de ce monde.

12. ** Pliilosophicarum rerum morumque scientia, item- " que civiles leges possunt et debent a divinâ et ecclesiasticâ " auctoritate declinare. ♦» {Ibid. lvii.)

12. La connaissance des questions philosophiques et morales aussi bien que des lois civiles peut et doit rester indépendante de Tautorité divine et ecclésiastique.

13. '* Matrimonii sacramentum non est nisi contractai i accessorium ab eoque separabile, ipsumque sacramen- " tum in unâ tantum nuptiali benedictione situm est. ^ {Ibid Lxvi.)

- Vi contractûs mère civilis potest inter Christianos V constare veri nominis matrimonium ; falsumque est, aut ^ contractum matrimonii inter Christianos semper esse sa- « cramentum, aut nuUum esse contractum, si sacramentum " excludatur. '» {Ibid, lxxiii.)

13. Le sacrement de mariage n'est qu'un accessoire du contrat, et peut en être séparé, et le sacrement lui-même consiste seulement dans la bénédiction nuptiale.

Un contrat purement civil peut constituer un mariage entre chrétiens et il est faux que le contrat de mariage entre chrétiens doive toujours être un sacrement ou que le contrat soit nul si le sacrement en est exclu.

14. " De temporalis regni cum spirituali compatibilitate « disputant inter se christianae et catholicse Ecclesiae filii. »» {Syllabus lxxv.)

14. Les membres de l'Eglise chrétienne et catholique ne sont point d'accord entre eux sur la compatibilité du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel.

15. " Abrogatio civilis imperii, quo Apostolica Sedes po- '» titur, ad Ecclesise libertatem felicitatemque vel maxime »» conduceret. " {Ibid, lxxvi.)

15. L'abolition du pouvoir temporel possédé par le Saint- Siège serait très-favorable à la liberté et au bonheur de l'Eglise.

16. .^ ^tate hac nostra non amplius expedit religionem " Catholicam haberi tanquam unicam. status religionem, ♦» cœteris quibuscumque cultibus exc^usis. *' {Ibid. lxxvii.)

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16. De nos jours il n'est plus profitable à TÉglise catholique d'être considérée comme la seule religion de TEtat à l'exclusion de tout autre culte.

17. « Hinc laudabiliter in quibusdam catholici-nominis " regionibus lege cautum est, uthominibus illuc immigran- » tibus liceat publicum proprii cujusque cultus exercitium '♦ habere. »♦ {Ibid, lxxviii.)

17. En conséquence, la loi a sagement pourvu dans certains pays appelés catholiques que les étrangers allant fixer leur résidence dans ces pays jouiraient du libre exercice de leur culte.

18. t* Romanus Pontifex potest ac débet cum progressu, " cum libéralisme et cum recenti civilitate sese reconci- « liare et componere. « (Ibid. lxxx.)

18. Le Pontife romain peut et devrait se réconcilier et s'entendre avec le libéralisme, le progrès, et la civilisation modernes.

Page 38. « Ce très-saint Concile général et œcuménique « de Trente; régulièrement assemblé dans le Saint-Esprit " sous la présidence des trois légats apostoliques déjà " nommés, exhorte, enseigne, détermine ou décrète. "

Page 38. « Les canons et décrets du très-saint Concile '1 œcuménique de Trente. "

Page 38. « Pie, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu. «

Je me suis contenté d'un minimum de citations, en faisant allusion aux docujnents appartenant à la période qui

précéda l'Émancipation des catholiques en Angleterre.

On ne peut en réaliser toute la valeur et la portée qu'en étudiant les originaux ; il est cependant utile de citer le passage suivant de louvrage publié à cette époque par Mgr Doyle, car l'indignation qu'il exprime donnera au lecteur une idée de l'ampleur des assurances qui furent alors offertes au pays, très-honnêtement et sincèrement, je n'en doute point :

♦* Il est injuste, Mylord, de nous condamner ainsi ; une - telle conduite de la part de nos adversaires nous outrage ^ et nous insulte. Elle épuise notre patience, elle provoque M notre indignation, elle nous empêche de renouveler nos '' efforts pour obtenir une audience plus impartiale.

» Dans la situation où nous nous trouvons, nous sommes »' tentés d'attribuer des motifs déshonnêtes à ceux qui s'op- " posent à nos vues, car nous ne pouvons concevoir com- " ment des hommes doués d'intelligence ne parviennent •' point à découvrir des vérités aussi pleinement démontrées '» que celles-ci :

^ Que notre foi ou notre loyauté civile ne sont en aucune " façon gouvernées par des doctrines comme celles qu'on " nous impute.

" Que nos devoirs envers le gouvernement de notre pays '» ne sont ni influencés ni affectés par aucune des Bulles ou " aucun des actes des papes.

" Que ces devoirs nous sont prescrits aussi bien qu'à toutes '• les autres classes des sujets de Sa Majesté par l'Evangile, ^ par la raison que nous tenons de Dieu, par l'amour de notre ♦' patrie que la nature a implanté dans nos âmes et par les '• maximes constitutionnelles que les catholiques d'aujour- " d'hui comprennent aussi clairement et apprécient aussi

'» hautement que leurs ancêtres qui les établirent avec " Alfred ou les défendirent à Runnymede. « (Dot/les Essay on the catholic daims, London, 1826, page 38.)

Le ton généralement adopté en 1826 se retrouve dans les réponses des témoins du Collège de Maynooth devant la Commission de 1855. Voir, par exemple, pages 132, 161-4, 272-3, 275, 361, 370-5, 381-2, 394-6, 405. La commission sexprima dans les termes suivants. (Voir son Rapport, page 64) :

" Nous ne voyons aucune raison de croire que Tenseigne- ^ ment du Collège soit entaché de déloyauté ou qu*il tende " à affaiblir les obligations d une loyauté sans réserve en- « vers Votre Majesté. ♦»

Que Ion compare aux assurances que nous venons de citer les prévisions sinistres que la politique européenne future du gouvernement anglais inspire aux organes de lopinion catholique en Angleterre ; on lit dans un article publié il y a quelques jours, se rattachant directement à la question que je discute ici, et paraissant inspiré par l'autorité ecclésiastique :

«* Assurément, en cas de complications européennes, n comme il peut s'en produire d'un moment à l'autre, nous y» dirons plus, comme il ne peut manquer de s'en produire w avant peu, par suite de la gravitation des forces qui sont '» en ce moment tenues en échec et en réserve par la néces- ♦» site de se préparer pour leur inévitable collision, il peut

M très-bien arriver que la prospérité future de l'Angleterre « soit compromise dans la lutte et que le parti auquel elle '' s arrêtera soit déterminé non point par la justice ou l'in- M rôt, mais par une résolution passionnée de maintenir à M toiU hasard le royaume italien, « {The Mont h, pour le mois de novembre 1874. M, Gladstone s Durhamletter; page 265.)

Cette révélation est remarquable. Avec qui donc l'Angleterre pourrait-elle avoir à lutter pour maintenir le royaume italien? Considérées comme Etats, TAutriche et la France sont en harmonie complète avec lltalie. Mais il est évident que Tltalie a d^s ennemis, et les écrivains du Mont h paraissent les connaître.

On a remarqué en Angleterre et à l'étranger l'inertie apparente des hommes d'État anglais et de l'un au moins des gouvernements qui se sont succédé dans le Royaume- Uni, concernant la question qui forme le sujet des pages précédentes ; voir: Friedberg, Grdnzen zwischenStaatund Kirche, AbtheilunglII, p. 755-6, et la préface du 5® volume de l'ouvrage si consciencieux, si habile et si impartial de M. Greenwood, intitulé : Cathedra Pétri, page 4.

" S'il était possible que l'attention du public se tournât « de nouveau dans cette direction, il serait du devoir de ^ nos guides politiques d'examiner plus attentivement les w détails d'un système qui nie au sujet le droit de penser

" et d agir librement dans les questions qui touchent de « plus près à son bien-être civil et religieux. Il ny a " aucun autre moyen de se rendre compte de lesprit et de " la tendance des grandes institutions que par l'étude at- ♦' tentive de leur histoire.

" L'auteur est profondément convaincu que nos hommes »» d'État ont complètement négligé ce devoir important, ou, w ce qui est pis encore, qu'ils l'ont abandonné à une classe » de personnes plus zélées que prudentes, qui se sont adres- " sées aux préjugés plutôt qu'à la raison de leurs audi- « teurs en défendant la cause à laquelle ils étaient' néan- ^' moins sincèrement et cordialement dévoués. "

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