MULTIPLICITÉ DES DÉFENSES INTESTINALES
ballon, dans un récipient ; pourtant lorsque les convives sont en nombre considérable, lorsqu’ils se multiplient à l’envi à la manière des microbes île i’intestin au cours des affections fébriles, lorsque l’économie se nourrit mal, on conçoit à la rigueur que la défense s’exerce non pas en raison du manque absolu de principes alimentaires, mais parce que ces principes ne sont pas ceux que recherchent avec prédilection les parasites.
Il demeure donc prouvé que si les microbes intestinaux sont nombreux, variés, les défenses dirigées contre eux sont également remarquables par leur nombre, par leurs variétés. A côté de l’entraînement mécanique, à côté des sucs biliaires, pancréatiques, à côté des certains composés aromatiques, ammoniacaux, protéiques, à côté de la concurrence vitale, etc., la membrane interne de l’intestin par ses sécrétions, par son mucus, autrement dit par ses glandes externes, par sa vitalité, joue dans ces défenses de l’organisme un rôle considérable.
Aussi, on ne saurait se faire une idée des différences enregistrées, au point de vue de l’exode des germes hors du canal alimentaire, entre la période de la pleine vie et le moment où ces cellules épithéliales, glandulaires, commencent à être touchées par la mort, c’est-à-dire à perdre ces modes de résistance ; dès les instants de l’agonie ces germes franchissent aisément ces parois, avant que le cœur ait cessé de battre. Quand tout mouvement vital a pris fin, au début tout au moins, cette membrane en tant que paroi physique n’exerce plus qu’une influence sans valeur; pour s’en convaincre il suffît de comparer deux animaux conservés pendant des temps égaux, après avoir enlevé à l’un d’eux le tube digestif; chez cet animal, la putréfaction qui commence par le foie, la rate, etc., est plus lente; la muqueuse du premier se laisse franchir.