NEVRAXE ET SÉCRÉTION INTERNE. — PANCRÉAS ET FOIE
du domaine des possibilités à celui des réalités! Le diabète conjugal, dont les observations se multiplient, porte à réfléchir, et cependant on trouve matière à explication. La communauté dans le régime, dans les habitudes, dans les émotions, conduit les deux époux aux mêmes états anatomiques, fonctionnels, aux mêmes dépréciations. A vrai dire, dans les milieux élevés, financiers, où se rencontrent surtout ces diabètes, le mari fréquemment vit d’une autre vie que la mère de famille ; il quitte facilement le foyer pour passer son temps, pour prendre ses repas au cercle. Dans ces conditions, il se surmène; il va au diabète par les écarts, par les excès, tandis que sa femme en proie à la douleur, au chagrin, conséquences de l’abandon, entre dans ce même diabète par une autre voie, par la dépression nerveuse.
L’intervention du névraxe est une donnée des plus importantes dans la genèse de cette affection ; affaiblissement des réactions, atténuation des réflexes, de l’appétit génital, glycosuries par lésions cérébro-médullaires, etc., tout concourt à établir cette influence. D'ailleurs, les expériences de Chauveau et Kaufmann prouvent qu’entre le foie et le pancréas les centres bulbaires forment un lien; le premier de ces organes reçoit, comme le second, des influences parties des centres ; en retour ils agissent sur ces centres.
Ces actions sont assez complexes ; néanmoins, il semble qu’il soit possible de dégager une double donnée, à savoirque la glande pancréatique exerce un rôle frénateur sur la glycoso-formation aussi bien que sur l’histolyse. Supprimée, cette glande naturellement ne régularise plus, ne restreint plus soit la fabrication du sucre, soit l’apport des matériaux fournis par les tissus; dès lors, on conçoit un des mécanismes possibles de l’hyperglycémie.