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MULTIPLICITÉ DES ACTIONS DÉFENSIVES

débile, sans influence; d’un autre coté, si on fait agir ce glycogène sur de la nicotine, on ne remarque aucun effet particulier.

On voit quels sont l’importance, le nombre, la portée des fonctions du foie. Par son action sur le sucre, sur les graisses, il a souci de la nutrition, il la maintient dans des conditions normales; il s’oppose aux écarts, à l’usure qui résulte d’un défaut d’aliments plastiques, respiratoires. Son rôle à l’égard du fer, des pigments, des globules, fait de ce viscère un régulateur de la composition du sang, attribut qu’il partage avec la rate. Le pouvoir de fabriquer de l’urée, la faculté de détruire des poisons, de les éliminer, lui permettent de défendre l’économie contre les intoxications d’origine externe, interne ou bactérienne. Sa sollicitude le pousse à veiller àl’intégrité des tissus, à celle de la peau, connue il veille sur les échanges généraux pour écarter toute dyscrasie.

Cette multiplicité de fonctions entraîne, pour ainsi dire, l’apparition d’un attribut nouveau ; une foule d’opérations, de mutations, d’oxydations, de dédoublements, se passent dans le foie ; à ce niveau les actes exothermiques deviennent nombreux, l’emportent sur ceux qui sont endothermiques ; des proportions variables de chaleur se dégagent. De fait, si on prend la température des différents tissus, même chez les animaux hibernants, on constate que c’est celle du foie qui est la plus élevée, de 1 à 2°; Cl. Bernard l’a reconnu, à l’état physiologique ; à l'état pathologique, à l’état de fièvre, je me suis assuré, avec le professeur d’Arsonval, à l’aide d’aiguilles thermoélectriques, qu’il en est ainsi. Du reste, en dehors, des mutations intimes générales, les principes spéciaux contenus dans la glande biliaire, en se transformant, dégagent des calories; pour I gramme

THERMÛGENÊSE. — DE LAVOISIER A RERTIIELOT.

livré à la destruction, le sucre fournit en calories environ 4 à 5 ; l’urée dégage 2, la graisse 9.

Assurément la thermogenèse varie suivant les substances reçues par ce viscère, car, à égalité d’oxygène consommé ou d’acide carbonique émis, le nombre des calories, comme l’a établi Berthelot, oscille avec la nature du produit détruit. Pour des volumes donnés de cet oxygène, par exemple, l’acide butyrique livre 50 000, l'acide margarique 52 000; ces chiffres oscillent davantage pour une égale dose de CCP, surtout s’il s’agit de l'acide formique. Or, parmi ces acides, il en est qui précisément pénètrent dans le foie ; quelques-uns môme à ce niveau se sulfocon j uguent.

La nature des actes accomplis influence également cette thermogenèse. Lavoisier estimait que toute chaleur dégagée correspond à une combustion, à O2 utilisé, à CO2 exhalé ; c'était là un progrès considérable, bien que ce savant sans égal n’ait pas aperçu tous les procédés de calorification et qu’il ait donné trop d’importance aux poumons comme siège de ces phénomènes.

Quand on se reporte à ce mémoire magistral, auquel si peu de choses aujourd’hui encore sont à changer, on demeure frappé d’étonnement en présence du profond oubli qui paraît avoir enveloppé cette conception si élevée. Pendant de longues années le principe vital, le frottement des globules de Martine, le sympathique de Chossat qui pourtant s’était livré à de laborieuses recherches, de pures hypothèses suffisent à expliquer la thermogenèse.

11 faut arriver à Magendie, à Cl. Bernard, surtout à ce mémoire de Berthelot, qui écrit en 1864 n’a pas vieilli d’un jour et devrait être connu de tous, il faut en venir aux travaux si larges de Gautier, aux mesures calori- Chakhin. — Les défenses natur. de l'organ. 15

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