PROTECTIONS SYNERGIQUES. — MAINTIEN DE L’ÉTAT NORMAL
miques s’altèrent, deviennent granuleux ; des troubles sécrétoires, l’albuminurie, se manifestent.
Rien ne serait plus aisé que d’allonger la liste des désordres qui dérivent de cette absence de protection contre les écarts de la thermogenèse ; l’organisme, pour demeurer dans les limites de l'état normal, a besoin de maintenir sa température à un niveau sensiblement constant, susceptible de légères oscillations en rapport, en particulier, avec les variations d’intensité du mouvement nutritif. Aussi, pour atteindre ce but, aux appareils producteurs de calorique correspondent des systèmes de déperdition, la peau, la sueur, l’intestin, le poumon, l’évaporation; de plus, l’organisme a le pouvoir de se servir de cette énergie thermique pour d’autres usages.
Le foie protège donc directement l’économie; il réglemente sa nutrition; il maintient la crase sanguine, la structure des tissus dans des conditions normales ; il oppose aux déchets de la désassimilation, aux divers poisons, une énergie antitoxique indiscutable, et pourtant à ces nombreux efforts synergiques, solidaires, ne se borne pas l’intervention de ce viscère.
Grâce à ses rapports avec les différents systèmes, grâce à ses relations organiques, ce viscère est capable de protéger les divers appareils en mettant en jeu plusieurs processus. — Quand l'organe central de la circulation est en asystolie, ce viscère offre un diverticule où s'accumule parfois un volume abondant de sang veineux ; le myocarde retentit sur ce parenchyme, crée le foie muscade; en retour, par des voies réflexes, les hépatalgies engendrent des asystolies fonctionnelles; une affection cardiaque provoque une affection hépatique; une affection hépatique détermine une affection cardiaque.
Le défaut de perméabilité du rein nécessite un excès
PATHOGÉME DES SUPPURATIONS ASEPTIQUES.
de destruction des poisons qui ne s'éliminent plus; le foie rénal d’IIanot et de Gaume est une sorte de revanche des lésionsglomérulaires, de la néphrite biliaire de Mobius, de l’infiltration glycogénique tubulaire ou encore des modifications variées do l’urine : albuminurie, serinurie, glycosurie, azoturie, anazoturie, ammoniurie, indicanurie, etc.
Le foie agit sur la pathologie de l’intestin en prenant part aux métamorphoses digestives, en restreignant les fermentations; à son tour l’intestin intervient dans la manière d’ètre de cette glande en livrant à la veine porte parasites ou poisons. Placé en arrière de l’iléon, ce parenchyme hépatique met obstacle à l’entrée d’une foule d’agents nuisibles dans la circulation; souvent cette protection s’exerce au prix d’altérations appréciables, au prixd’abcès par exemple, abcès dont le pus est plus fréquemment stérile que dans d’autres tissus. Peut-être les parasites sont-ils détruits par Page, par les attributs germicides, par le manque d’aliments; peut-être demeurent-ils inclus dans les parois? Peut-être aussi la suppuration est-elle là l’œuvre des produits toxiques issus de l’iléon? D’une part, le foie est aux premières loges pour recevoir ces produits; d’autre part, ce sont les toxines ou des corps d’une autre origine, mais solubles, la créoline, le mercure, la térébenthine, etc., qui sont générateurs de pus; cé pus, autrement dit la dégénérescence, la mort des cellules migratrices, est donc l’œuvre d’un processus chimique : dès lors pourquoi des substances venues du tube digestif 11e jouiraient-elles pas de cette propriété? Parmi ces substances on rencontre des principes putrides ; la cadavérine est pyogène. De plus un pus de cette nature est peu virulent, non contagieux ; or, précisément, il est des collections purulentes hépatiques qui, à côté de celles qui se renouvellent promptement,